Mondial 2014: Cinq questions brûlantes avant Suisse-Honduras

1.Ottmar Hitzfeld va-t-il disputer son dernier match?

Si son soixantième match à la tête de l’équipe de Suisse sera son dernier, sa fin de carrière d’Ottmar Hitzfeld sera marquée d’une tache indélébile.

Deuxième entraîneur à avoir gagné la Ligue des Champions à la tête de deux clubs (Bayern Munich et Borussia Dortmund), Ottmar Hitzfeld pourrait devenir le premier de l’histoire à connaître deux éliminations successives en phase de poules de la Coupe du monde après avoir pourtant à chaque fois remporté le match initial.

2.Fabian Schär va-t-il être titulaire?

Un tel scénario bien improbable s’explique en partie par un coaching défaillant. En Afrique du Sud, l’Allemand avait commis l’erreur de modifier le onze de départ qui avait battu l’Espagne pour la rencontre contre le Chili. Au Brésil, c’est l’architecture de sa liste des vingt-trois qui fait débat. Pourquoi avoir sélectionné un Fabian Schär qui souffre apparemment toujours de ses genoux ? Pourquoi avoir laissé à la maison un Pajtim Kasami qui avait si bien personnifié le culot de la sélection en automne, une sélection considérée comme «la plus talentueuse du football suisse» ?

Vendredi à Salvador, la Suisse a concédé la «mère de toutes les défaites», ce 5-2 contre la France après avoir – il ne faudra jamais l’oublier – été menée 5-0. Une défaite due à la fois aux défaillances individuelles, à la faillite des leaders et à un déficit physique qui est patent même si l’on nous répète que l’équipe de Suisse «a travaillé avec une intensité incroyable à Weggis». Dans cette Coupe du monde où cela part dans tous les sens à une vitesse folle, nos joueurs, à l’image de Gökhan Inler et de Valon Behrami, donnent l’impression d’être à l’arrêt.

3. La Nati va-t-elle supporter la chaleur?

Mercredi à Manaus dans une rencontre qui se jouera à 16h00 locales avec une température qui devrait dépasser les 30 degrés et une humidité extrême, les Suisses devront trouver l’ouverture face à la formation la moins «flashy» du tournoi. Le Honduras mise essentiellement sur un engagement physique de tous les instants. Sa charnière centrale est composée de deux hommes, Figueroa et Bernardez, qui sont de véritables «tueurs à gage».

Toutefois, les Honduriens savent également jouer au football avec notamment l’apport de joueurs qui avaient éliminé l’Espagne il y a deux ans aux Jeux de Londres. L’élément le plus dangereux est le demi gauche Roger Espinoza (Wigan) qui obligera très certainement Stephan Lichtsteiner à ne pas oublier de défendre.

4. Va-t-on revivre le même scénario qu’en 2010?

Il y a quatre ans à Bloemfontein, le Honduras avait sauvé son honneur en cueillant un point à la Suisse (0-0) après ses défaites contre le Chili et l’Espagne. Battus 3-0 par la France et 2-1 par l’Equateur, les Honduriens conservent un mince espoir de qualification. Ils doivent battre la Suisse en soignant leur goal average et espérer que l’Equateur s’incline devant la France. Malgré cette possibilité, on voit mal les Honduriens monter à l’abordage dans la touffeur de Manaus. Toutefois, on rappellera que la Suisse avait été plutôt bien payée à Bloemfontein. Diego Benaglio, auteur de plusieurs parades, avait été son meilleur homme.

5. La France va-t-elle gagner contre l’Equateur?

Dans un scénario idéal – victoire de la France à Maracana devant l’Equateur -, un nul suffira au bonheur de l’équipe de Suisse. Même si elle est éliminée au coup d’envoi de cette troisième et dernière journée, la Suisse possède vraiment les meilleures cartes dans son duel à distance avec l’Equateur. Si elle le remporte, elle aura droit alors à ce huitième de finale à Sao Paolo du 1er juillet contre l’Argentine de Lionel Messi. Même si comme l’affirme avec raison l’ancien international Karl Odermatt dans sa chronique dans la «Basler Zeitung» que «rien ne sera plus comme avant après le match contre la France», l’espoir d’un impossible exploit s’éveillera à nouveau dans tout le pays.

(si/Newsnet)