PROCÈS KARADZIC: L’ex-chef de Bosnie plaide sa propre défense

 

L’ex-chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic doit prononcer sa plaidoirie mercredi 1er octobre dans son procès pour génocide devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY). La haute Cour le juge notamment pour le massacre de Srebrenica en 1995.

Cette plaidoirie devait débuter à 09 heures et durer jusqu’à jeudi. C’est l’une des dernières étapes de ce procès marathon qui s’est ouvert il y a cinq ans.

L’accusé et le bureau du procureur pourront s’exprimer une dernière fois le 7 octobre. Après quoi les juges se retireront pour délibérer. Un jugement n’est pas attendu avant octobre 2015, tant l’ampleur des poursuites est importante.

Radovan Karadzic, 69 ans, doit répondre de 11 chefs de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide commis lors de la guerre de Bosnie. le conflit avait fait quelque 100’000 morts et 2,2 millions de déplacés entre 1992 et 1995.

Elément moteur

Le bureau du procureur a requis la prison à vie tandis que l’accusé, qui assure lui-même sa défense, plaide non coupable. Lundi, l’accusation avait soutenu dans son réquisitoire que Radovan Karadzic est «responsable de chacune des tragédies» de la guerre de Bosnie et qu’il avait été «l’élément moteur» du nettoyage ethnique dans ce pays.

Selon l’accusation, Radovan Karadzic, le général Ratko Mladic et le défunt président yougoslave Slobodan Milosevic souhaitaient chasser musulmans, Croates et autres non-serbes de larges territoires de la Bosnie après le démantèlement de la Yougoslavie en 1991.

Radovan Karadzic doit répondre du massacre de près de 8000 hommes et garçons musulmans par les forces serbes de Bosnie à Srebrenica en juillet 1995, le pire massacre commis en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Il est également poursuivi pour le siège de Sarajevo qui a duré 44 mois et lors duquel 10.000 personnes ont été tuées.

Radovan Karadzic avait été interpellé en juillet 2008 à Belgrade après plus de dix ans de cavale. A l’ouverture de son procès, il avait assuré que les atrocités dont les Serbes de Bosnie étaient accusés avaient été «mises en scène» par les musulmans et que le massacre de Srebrenica était un «mythe».(ats/Newsnet)