Tambacounda : près d’un milliard de francs investi dans la brousse de Missira, Djibril Mar Diop veut faire de la région un véritable hub fruitier et maraicher.

 

Faire de la région de Tambacounda un hub fruitier et maraicher, telle est l’ambition de l’opérateur économique rufisquois qui a délaissé la mer pour se lancer dans l’agrobusiness. Djibril Mar Diop a investi près d’un milliard de nos francs dans la brousse de Missira située dans le département de Tambacounda. Il veut y exploiter la terre pour cultiver des arbres fruitiers et faire du maraichage pour mieux booster l’agriculture hors saison dans cette partie du pays.

Djibril Diop semble en avoir « Mar » de voir le pays continuer d’importer des fruits et légumes. Conscient de la fertilité et de la disponibilité de la terre, il a décidé de quitter les eaux ou il évoluait, pour la terre ferme. Depuis 2015, il exploite dans la forêt de Missira des hectares de terre. Il y cultive diverses spéculations et des arbres fruitiers. Il dit ambitionner de faire de la région, un carrefour et un vrai hub fruitier et maraicher. Pour cela, explique-t-il, plusieurs centaines de millions sont déjà consentis sur le site pour rendre la terre arable et les aménagements opérationnels. Trouvé sur le site avec la délégation du gouverneur qui visitait les aménagements, il a soutenu avoir déjà investi 845 millions de francs Cfa dans la zone. Poursuivant, il laisse entendre « Je veux que d’ici 2020, que le cout des investissements avoisine les 5 milliards de nos francs », lâche-t-il engagé. Ce qui me permettra d’atteindre mes ambitions en matière de créations d’emplois.

200 ha exploités en ce moment.

A la date de ce vendredi 26 janvier, ce sont quelques 200 ha de terre qui sont en exploitation sur le site. Selon Djibril Mar Diop, c’est en 2015 qu’il a commencé à exploiter la terre dans la zone. Aujourd’hui, explique-t-il, « je suis à 200ha de terre exploitée, toute spéculation confondue ». Dans le domaine, il y a des carottes, des choux, du piment, des maniocs, de l’aubergine, entre autres variétés cultivées. Nous ambitionnons de faire de la zone, les Niayes du Sénégal Oriental, martèle l’agrobusiness man. En plus de ces variétés cultivées, le site compte des milliers de plants d’arbres fruitiers. Ici, explique Mr Diop, outre la culture maraichère, il y est développé la culture des fruits. Le domaine compte plusieurs variétés d’arbres fruitiers, même les orangers du Maroc y sont plantés, se réjouit-t-il. Tout cela, enchaine le propriétaire terrien, pour mieux accompagner l’alimentation et la nutrition dans la région, voire le pays. Actuellement, les arbres fruitiers ont commencé à se développer et d’ici peu, vous verrez qu’ils vont commencer à donner des fruits et nous pourront concurrencer les investisseurs étrangers.

60% de la main d’œuvre constitué d’émigrants retournés de la Libye.

Cette exploitation agricole n’est pas seulement une entreprise qui produit des variétés de fruits et de légumes. Le domaine est aussi une véritable machine à créer de l’emploi, surtout pour la jeunesse, déboussolée, désœuvrée et laissée à elle-même. Selon le propriétaire du domaine, près de 500 personnes s’activent en ce moment dans les différentes plantations. Et parmi ceux-là, près d’une centaine de personnes est employée de manière permanente. Les employés sont tous tant qu’ils sont, logés et nourris sans bourse délier, informe Djibril Diop. Mieux, poursuit-il, parmi le personnel qui travaille aujourd’hui sur le site, la presque totalité est composée de migrants retournés d’Europe.

Ici, sur 100 personnes, les 60 sont des jeunes qui ont été retournés de la Libye ou d’Europe. Et aujourd’hui, ils ne pensent plus reprendre les chemins mortels de l’émigration grâce aux possibilités offertes par les exploitations.

Interrogé, l’un des miraculés du désert libyen soutient qu’il ne pense plus reprendre les chemins de l’Europe via la Libye. Grâce à cette exploitation, nous gagnons bien notre vie et ne sommes pas terrorisés ou torturés comme ça l’a été en Libye.

L’accompagnement de l’état sollicité.

Il faut que l’état pense à accompagner cette entreprise », ont soutenu des autorités locales présentes dans la délégation du gouverneur. Rien que pour les emplois qu’elle crée en faveur de la jeunesse, l’entreprise doit être accompagnée. Aujourd’hui, le domaine à lui seul, emploie plusieurs centaines de jeunes qui devaient être admis au chômage, martèle la vice-présidente du conseil départemental. Aminata Djigo est consciente que les opportunités d’emplois sont rares dans la région. D’où son appel à un accompagnement de cette entreprise plus que bénéfique pour la région et sa jeunesse.

Le gouverneur de la région embouchera la même trompette. « C’est une belle initiative qui est développée ici dans le Missira », se réjouit Bouya Amar. Enchainant, il promet de mettre à contribution tous les services techniques compétents afin que ce genre d’initiative soit pérennisé dans la région. Déjà en termes de création d’emplois c’est une belle trouvaille, se félicite le gouverneur qui soutient que des initiatives de formation sont en vue ici dans le domaine avant d’employer les jeunes. Mieux encore soutient le gouverneur, l’entreprise permettra de fixer les jeunes candidats à l’émigration clandestine en leur offrant des opportunités d’emplois quand on sait que la région est à la fois une zone de départ et de transit. Et, l’entreprise Global Business est en train d’offrir aux jeunes de réelles possibilités de formation mais aussi d’insertion.

Le gouverneur laissera aussi entendre que Global Business ambitionne d’offrir 5000 emplois d’ici 2020. Ce qui contribuera grandement à réduire le taux de chômage dans la région, se félicite-t-il.

Abdoulaye Fall / www.tambacounda.info /

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