Brésil: Assassinat d’un chef indigène en Amazonie

 

Des organisations de défense des droits de l’Homme ont dénoncé mercredi l’assassinat d’un chef indigène en Amazonie au coeur d’un conflit sur la déforestation dans cette immense région du Brésil.

«Le chef (de la tribu) Guajajara, Jorginho, de la terre indigène Araribóia, en Amazonie, a été assassiné à la fin de la semaine dernière», a affirmé l’Instituto Sociambiental, une ONG brésilienne qui intervient dans les domaines social et environnemental. Le corps du chef Guajajara a été trouvé dimanche dernier dans une localité de l’Etat de Maranhão, dans le nord-est du Brésil.

L’ONG Survival International a affirmé dans un communiqué que «Jorginho était un chef du peuple Guajajara acclamé sur la scène internationale pour son travail dans la région la plus menacée de l’Amazonie brésilienne». Il n’a pas été possible dans l’immédiat d’obtenir des informations de la part des autorités locales.

Triste record

Le Brésil a détenu en 2017 le triste record des assassinats de défenseurs de l’environnement dans le monde, avec 57 homicides, selon l’organisation Global Witness, soit plus d’un quart des 207 assassinats enregistrés dans le monde. Mais Brasilia a contesté ce chiffre et accusé l’ONG d’utiliser «des données erronées, gonflées, fragiles et une méthodologie douteuse».

«L’assassinat de Jorginho s’inscrit dans une séquence de morts liées au conflit sur l’exploitation des arbres dans la région», a déclaré à l’AFP Sonia Guajajara, chef indigène et candidate à la vice-présidence du Brésil en octobre pour le parti de gauche Psol. «Les chefs indigènes travaillent à protéger l’Amazonie et ils finissent pas le payer de leur vie», a ajouté cette responsable, qui a dénoncé la mort de Jorginho sur les réseaux sociaux.

Le peuple Guajajara lutte pour ses forêts. Selon des chiffres officiels, 71% de la surface forestière de l’Etat de Maranhao a disparu. Les Guajajara se sont organisés en groupes de «Gardiens de la forêt» mais ils sont confrontés à «une mafia du bois agressive, puissante et armée ayant des liens étroits avec des responsables politiques locaux et nationaux», a commenté Stephen Corry, directeur de Survival International.

(nxp/afp)

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