Afrique du Sud – Corruption: le ministre des Finances se retire

 

Le ministre sud-africain des Finances, Nhlanhla Nene, qui va faire l’objet d’une enquête sur des accusations de corruption, a présenté mardi sa démission du gouvernement, a annoncé le président du pays Cyril Ramaphosa.

Il «m’a fait parvenir une lettre de démission dans laquelle il me demande de le relever de ses fonctions (…) j’ai décidé d’accepter cette démission», a déclaré M. Ramaphosa. Cette démission intervient juste après l’annonce de l’ouverture d’une enquête administrative sur M. Nene, qui avait reconnu la semaine dernière s’être entretenu avec un trio de sulfureux hommes d’affaires proches de l’ex-président Jacob Zuma.

Depuis plusieurs jours, les rumeurs allaient bon train sur un éventuel départ de M. Nene, 59 ans, nourrissant l’inquiétude des investisseurs et des marchés financiers. Mercredi dernier, le ministre avait raconté à une commission d’enquête qu’il avait été évincé du gouvernement en 2015 par M. Zuma pour avoir refusé la signature d’un juteux contrat nucléaire favorable aux frères Gupta. Il avait aussi concédé avoir rencontré les Gupta à leur domicile.

Lettre d’excuse

Le lendemain, M. Nene a publié une lettre pour s’en excuser, concédant une «faute et une erreur de jugement». Depuis son arrivée au pouvoir en février, M. Ramaphosa a promis d’éradiquer la corruption et de relancer l’économie du pays, en difficulté depuis la crise financière de 2008.

«Je vous dois, en tant que serviteur de l’Etat, une conduite irréprochable (…) Ces visites jettent un doute sur ma conduite. Je les regrette profondément et demande votre pardon», a-t-il écrit.

Loin de calmer les critiques, son courrier n’a fait que relancer les accusations et les appels au départ du ministre. «Le maintenir à son poste de ministre des Finances n’est pas dans l’intérêt de l’Afrique du Sud», a insisté lundi le porte-parole de la gauche radicale, Mbuyiseni Ndlozi, «le Trésor ne peut pas être dirigé par une personne dépourvue d’intégrité».

Mardi à la mi-journée, le bureau de la médiatrice de la République, une institution administrative chargée de contrôler les pouvoirs publics en Afrique du Sud, avait annoncé s’être saisie du cas de M. Nene, à la demande de l’opposition.

«La médiatrice va enquêter sur les allégations de conduite frauduleuse qui visent le ministre des Finances», a déclaré à l’AFP sa porte-parole, Oupa Segalwe. L’ancien gouverneur de la Banque centrale, Tito Mboweni, a été aussitôt nommé et investi pour succéder à M. Nene.

(nxp/afp)

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