Brésil: Lula sort de prison pour un interrogatoire

 

Luiz Inacio Lula da Silva, incarcéré depuis avril pour corruption, devait être interrogé mercredi à Curitiba dans le cadre d’une autre affaire, dans le palais de justice de cette ville du Sud où des manifestations étaient attendues.

Lula, qui purge une peine de 12 ans et un mois de réclusion pour corruption passive et blanchiment au siège de la police fédérale de Curitiba, en sortira pour la première fois depuis sept mois, le temps de son interrogatoire au palais de justice situé à cinq kilomètres de là.

Une centaine de ses partisans, la plupart vêtus de rouge, étaient rassemblés devant le siège de la police fédérale en début de matinée et la sécurité a été renforcée, a constaté une journaliste de l’AFP. La manifestation doit débuter vers midi (15h), deux heures avant l’heure fixée pour le début de l’interrogatoire.

Lulu se dit victime d’une cabale

L’ex-président de gauche (2003-2010) doit être interrogé par la juge Gabriela Hardt, désormais chargée de l’enquête anticorruption «Lavage express», en remplacement du juge Sergio Moro qui a accepté le poste de ministre de la Justice du président élu Jair Bolsonaro.

Lula est accusé d’avoir bénéficié de travaux financés par des groupes du BTP entre 2010 et 2014 dans une propriété à Atibaia, dans l’Etat de Sao Paulo. Ces travaux auraient été effectués en échange de contrats avec le groupe étatique Petrobras.

La défense de Lula assure qu’il est innocent, que la propriété ne lui appartient pas et qu’il est victime d’une cabale politico-judiciaire.

Il avait été condamné par le juge Moro en juillet 2017 pour une autre affaire, portant sur un appartement en bord de mer qu’il aurait reçu pour favoriser l’entreprise de bâtiment OAS.

En dehors de ces deux affaires, Lula, 73 ans, est mis en cause par la justice brésilienne dans quatre autres dossiers. Il nie toute culpabilité dans l’ensemble de ces affaires. L’ex-président a reçu mercredi matin la visite de Fernando Haddad, candidat malheureux du Parti des Travailleurs (PT) au second tour de la présidentielle, remportée par Jair Bolsonaro (extrême droite) le 28 octobre.

Une semaine avant son élection, M. Bolsonaro avait scandé dans un discours enflammé qu’il espérait voir Lula «pourrir en prison».

La défense de Lula a demandé sa libération et l’annulation de sa condamnation, invoquant une présumée partialité du juge Sergio Moro qui a accepté d’entrer dans le prochain gouvernement d’extrême droite.

(nxp/afp)

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