Suisse: Un élan de solidarité efface 20 ans de douleurs

 

«Il y a vingt ans, j’ai été renversé par une voiture et la peau de ma jambe gauche a été arrachée. J’avais 4 ans et j’avais déjà perdu mes deux parents. Depuis ce jour-là et jusqu’à il y a deux semaines, j’ai ressenti des douleurs au quotidien.» L’étudiant sénégalais Mactar Seck revient de loin. Il y a encore un peu moins de trois mois, la seule alternative qui s’offrait à lui pour abréger ses souffrances était une amputation du pied. «J’avais déjà subi sept greffes de la peau au Sénégal. A chaque fois, la plaie refaisait surface et des maux insoutenables me tenaillaient. Je n’avais pas les moyens pour assurer le suivi médical nécessaire. En avril, après un malaise, les médecins m’ont proposé une amputation», raconte d’un ton posé le Sénégalais. Avec l’énergie du désespoir, il multiplie les contacts avec les orthopédistes du pays afin d’échapper au triste sort qui le guettait. Mais la même réponse implacable surgit toujours. Las et résigné, le jeune homme qui finançait ses études en marketing et communication en vendant des produits cosmétiques de porte à porte, baisse les bras: il ne reste plus qu’à programmer la date de l’amputation.

Chaîne de solidarité de Dakar à Lausanne

C’est là qu’une de ses cousines contacte, via les réseaux sociaux, un jeune banquier sénégalais établi en Suisse et actif dans le milieu socio-culturel. Sans le savoir, elle venait de lancer une incroyable chaîne de solidarité. «Quand j’ai vu les photos de la plaie, j’étais ébranlé», explique le banquier qui, à son tour, fait appel à la fondation Une chance, un cœur. «Même si notre fondation ne s’occupe en principe que de patients souffrant de cardiopathie, humainement, notre comité ne pouvait pas fermer les yeux sur ce cas», a commenté le professeur Jean-Jacques Goy. Le cardiologue vaudois sollicite son carnet d’adresses pour le financement de la prise en charge médicale du patient. «Ce jeune homme d’un courage exceptionnel a pu être opéré au CHUV, il y a deux semaines, grâce au soutien financier de la fondation Saint-Paul et la Fondation Madeleine. Nous ne savons toujours pas pourquoi la plaie ne cicatrisait pas. Mais là, nous avons bon espoir», salue le médecin vaudois.

Nouvelles perspectives

De Blonay (VD), où il est en convalescence, Mactar Seck se délecte de la nouvelle lumière qui éclaire sa vie. «Je dors la nuit. Je n’ai plus mal. Je lis. J’écris des poèmes. Je serai éternellement reconnaissant à tous ceux qui ont permis la réalisation de ce miracle. Une fois de retour au Sénégal, je souhaite reprendre mes études.»

(20minutes)

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