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Chronique 15: Haro sur les dérives du plaidoyer des pro-wadistes

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Après avoir reproché à leur faux-frère Idrissa Seck de manquer de confiance aux instituions de la République (le Conseil constitutionnel) en consultant le célèbre constitutionnaliste français Guy Carcassonne, les libéraux ont eu recours à leur tour aux « sorciers de l'étranger ». Une autre forme de « Waax waaxèt » (l'art du dédiement).

L’aréopage de juristes commandité par le Parti Démocratique Sénégalais au pouvoir pour légitimer la candidature d'Abdoulaye Wade n'a pas convaincu l'opinion publique et les détracteurs du président sortant. En effet, les contributions des experts juridiques appelés à la rescousse de Wade ont apporté plus de confusions que de lumière sur la légalité de la candidature du pape du Sopi en lice pour un troisième mandat consécutif. Ainsi, la montagne n'a-t-elle pas accouché d'une souris? La réponse va de soi: investir autant de sous du contribuable pour payer des vacances au soleil à des pensionnaires de maison de retraite et alimenter leurs réserves bancaires en mal de rentrées de revenus du fait de la crise économico-financière.

Il faut le souligner, toutes ces dépenses dont les goorgorlu ont bien besoin pour amoindrir leur souffrance quotidienne n'ont servi qu'à tirer, après une journée de joutes verbales, une conclusion au ras de pâquerette que le petit militant libéral, illettré, analphabète juridique et habitant l'arrière pays du Boundou ou du Balantacounda ou de Niakhar aurait pu aboutir avec une simplicité déconcertante : « la candidature de Wade est bel et bien recevable ». Que nous apprend-t-on de plus? Nada, répliqueraient en choeur les étudiants de première année de droit de l'UCAD ou de l'UGB. Il ne suffit pas d'être juriste pour comprendre que tout ce laïus à longueur de journée n'était qu'une opération de séduction idéologique orchestrée par des tribuns en mal de notoriété pour un public en endormissement.

Si le camps présidentiel avait confiance aux cinq sages de la cour constitutionnelle, il n'aurait pas agi de cette sorte. Par cet acte hautement irréfléchi et irresponsable, Abdoulaye Wade – gardien de la constitution - et ses partisans mettent les 5 juges dans une fâcheuse posture en semant les germes de la contestation de tout jugement qui serait rendu et qui serait défavorable au candidat sortant. L'argument de Souleymane Ndéné Ndiaye, Premier ministre et directeur de campagne de Wade, selon lequel la science juridique aurait déjà parlé au Méridien-Président contribue d'une façon ou d'une autre à disqualifier les juges constitutionnels et constitue un appel du pied à leur endroit pour les amener à suivre la parole sacralisée des détenteurs de l'autorité du savoir juridique. A y regarder de près, on constate avec stupéfaction que le pouvoir a décidé de descendre si bas dans l'échelle des valeurs et des normes d'une république respectable. En conséquence, les batailles de tranchées qui se profilent à l'horizon seront âpres et épiques. Wade s'entête à ne pas écouter la clameur sourde des rues et se contente des paroles mielleuses de son entourage obnubilé par les seules envies de rester aussi longtemps possible au pouvoir et d'en jouir des privilèges qui s'y rattachent pour toujours. Pour ces derniers, tous les moyens sont bons pour maintenir Wade à la tête du pays indépendamment du droit et du bon vouloir du peuple.

La suite de cette opération de légitimation du lundi 21 novembre 2011 que certains qualifient de « farce de mauvais goût servie au peuple sénégalais ou d'insultes adressées à la charte fondamentale et au Conseil constitutionnel qui en est garante » est plus provocante que ne l'est ce séminaire de censeurs à l'envers de la constitution. En effet, la tenue en décembre d'un congrès d'investiture à l'américaine entraînera des dépenses gabégiques dont on pourrait bien se passer en ces temps de vaches maigres pour une immense majorité des Sénégalais. Que de gâchis avec le transport, en provenance des quatre coins du pays vers Dakar, de milliers de sénégalais pauvres attirés par les quelques billets de CFA en perdium, un habillement « gratuit » et une occasion pour certains d'entre eux vivant dans l'arrière-pays de venir sans bourse délier à la capitale. Quel procédé cynique d'exploiter la misère des gens pour assoir une pseudo hégémonie populaire! Quelle effronterie ! Annoncer que 195 millions de franc serviront à habiller des courtisans qui pendant 2 jours (23 et 24 décembre 2011) viendront chanter et danser pour un vieil homme en quête de gloire posthume.

Il y a urgence à dénoncer et faire arrêter ces dérives qui menacent notre démocratie en balbutiement et notre avenir économique encore sombre au vu du degré prononcé de la mal gouvernance patente de notre pays. Jusqu'où Wade et ses partisans sont-ils capable à aller pour la défense des seuls intérêts d'un clan ?

 

Chronique animée par Dr Thierno Idrissa Mbow / Socio-économiste / Pour Tambacounda.info /


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Mise à jour le Mardi, 29 Novembre 2011 14:08

Comments  

 
+1 #1 Bathie Jalo 2011-12-02 09:53
nous sommes très fiers de voir vos pertinentes contributions.
Wade veut faire disparaitre notre cher Sénégal et nous accepterons pas. la priorité est ailleurs mais pas dans l'organisation de cérémonie mensongère.
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