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Chronique 17 : Provocation versus violence : Bienvenue dans le terreau des peurs, des effronteries et des frustrations

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2012 sera incontestablement l'année qui marquera un grand tournant dans la vie politique sénégalaise. La dernière bataille du chef de file des libéraux sera épique comme nous l'avions annoncée dans les billets précédents. Les dégâts collatéraux mettant en scelle la justice sénégalaise à travers la privation de la liberté de Malick Nöel Seck, la mort dans des conditions nébuleuses de Ndiaga Diouf et l'arrestation de son présumé assassin Barthélémy Dias, jeune maire socialiste de Mermoz-Sacré coeur et fils de Jean-Paul Dias, ancien collaborateur d'Abdoulaye Wade.

Osons le dire en toute lucidité que le Sénégal entre dans un contexte de turbulence politique majeure. L'horizon de notre pays est bien obscur. Les signaux sont au rouge et les escalades verbales et physiques sont de plus en plus récurrentes et les chancelleries occidentales reçoivent et émettent au quotidien des rapports estampillés « confidentiels » faisant état des germes d'une instabilité de notre pays. Il ne s'agit pas d'annonce provenant de supposés oiseaux de mauvaise augure mais tout simplement le constat d'une situation de tension ayant atteint des proportions préoccupantes avec un régime qui muscle de plus en plus son discours et des mouvements populaires plus que jamais prêts en découdre. Hélas, on est pas loin de voir les uns et les autres franchir le rubicon comme ce fut le cas de ce 22 décembre 2011.

La déchirure n'est pas prête de se refermer quand on sait que tous les acteurs qui entretiennent cette violence politique sont suspendus au verdict du conseil constitutionnel devant se prononcer les semaines à venir sur la validité ou non de la candidature du Président Wade. Tous les scénarios sont possibles : allant de la situation de chaos insurrectionnel avec une éventuelle décision des sages en faveur de Wade jusqu'à une issue heureuse avec cette fois une décision qui va dans le sens des revendications populaires et qui permettrait à Wade de sortir par la petite porte en sauvant les meubles et en évitant pour lui et les siens les situations vécues par Gbagbo et ses partisans.

Bien que comparaison n'est pas raison, la candidature de Wade entérinée la semaine dernière par les instances du PDS rappelle bien les années de trop de Félix Houphouët-Boigny (1905-1993) qui, il faut le signaler, ont été à l'origine d'un mal profond ayant duré plusieurs années et ayant entraîné des souffrances du peuple ivoirien et des désastres de l'économie du pays. Il est encore temps pour les acteurs de la vie politique sénégalaise de se ressaisir et en premier le Président Wade. Le seul combat qui vaille, c'est bien celui de la consolidation de la démocratie, du développement de l'économie et de la préservation de l'unité de la nation. Pour cela, il faudrait mettre urgemment en cage les faucons – quelque bord qu'ils soient – et que les gardiens de notre charte fondamentale mettent en avant le droit et les intérêts supérieurs de la nation.


Chronique animée par Dr Thierno Idrissa Mbow / Socio-économiste / Pour Tambacounda.info /



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Mise à jour le Lundi, 02 Janvier 2012 11:07

Comments  

 
0 #2 benawaaydedakar 2012-01-14 01:31
NON,IL FAUT CHERCHER UN PEU PLUS LOIN,IL S'AGIT ICI,DE L'HOMME NOIR ET LE POUVOIR EN PARTICULIER-POUR NE PAS DIRE,POURQUOI LES NÈGRES AIMENT LES MÉDAILLES?
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+1 #1 Alh Yoro DIALLO 2012-01-05 09:59
Ce qui est dramatique et absurde c’est que l’évolution de la situation du pays, dans le sens de l’apaisement, ne semble dépendre que d’un seul homme, le Président de la République. Le sentiment d’impuissance qui anime tous les hommes de bonne volonté est une chose à la fois pathétique et ridicule dans un pays où on pensait avoir atteint la maturité démocratique. C’est donc dire que les acquis démocratiques ne sont jamais définitifs et que les institutions ne valent que par rapport aux hommes qui les animent. La République s’accommode mal de la sauvegarde d’intérêts particuliers et partisans. Il n’est pas encore tard, et notre pays par la qualité des hommes qu’il a produit ne mérite pas de sombrer dans le chaos.
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