Le peuple a parlé. Le Sénégal a tourné la page Abdoulaye Wade et a ouvert une nouvelle ère d'espérance en affirmant son ancrage dans la démocratie. La maturité dont a fait preuve la classe politique sénégalaise dans toute sa composante a redonné de la fierté aux Sénégalais, aux Sénégalaises et aux amis du Sénégal.
Hommage à ceux qui ont été du bon côté de l'Histoire et qui, au prix de leur vie, ont contribué à la maturation démocratique. Le peuple s'est reconnu avec les vertus cardinales incarnées par Macky Sall qui a récolté les fruits de sa constance, de sa patience, de son intelligence politique puisée dans le creuset du génie sénégalais et la vitalité du socle commun de nos valeurs séculaires..
Les tâches qui attendent Macky Sall sont immenses. Avec une dette intérieure avoisinant près de 500 milliards et une dette extérieure de 2000 milliards, des millions de chômeurs, une économie en perfusion avec des solutions précaires sur le secteur énergétique, une évasion massive de deniers publics vers des compte off shore, des privilégiés de l'alternance percevant des salaires au delà du normal (des juges payés à plus de 5 millions), des marabouts vivant dans les grâces du pouvoir, un gouvernement pléthorique avec des doublons au sein des directions et des agences nationales, etc. L'heure de rupture est venue pour rationaliser les dépenses et rendre efficients les comptes publics avec des coupes budgétaire inéluctables. La république est à reconstruire.
Le Président Macky Sall n'a pas été élu par les militants de son parti mais par les Sénégalais de tous bords. La demande sociale, qui avait chassé Abdou Diouf et qui vient de balayer Abdoulaye Wade et ses partisans en brisant leur rêve de régner pendant un demi-siècle, est toujours là. Macky est attendu non pas comme un messie mais comme un chef d'orchestre qui se doit de s'entourer des compétences aux mains propres et ayant pour seul objectif le développement du Sénégal. Si Abou Diouf a été sanctionné en 2000, c'était à cause de son entourage et si Wade a subi un revers en 2012, c'est aussi à cause de l'incompétence, de la boulimie et de l'arrogance de ses collaborateurs (Serigne Mbacké Ndiaye, Ousmane Ngom, Cheikh Tidiane Sy, Madické Niang, Khoureychi Thiam, Farba Senghor, Aliou Sow, Aïda Mbodj, la liste est bien longue). La souveraineté du peuple est absolue et sa volonté est implanquable.
Félicitation à Abdoulaye Wade qui a fini par se libérer des faucons en saluant la victoire de son challenger et la solidité du modèle démocratique sénégalais. Comme le disait l'illustre président américain John Fitzgerald Kennedy « La victoire a cent père, mais la défaite est orpheline ». C'est aussi inéluctablement l'heure des comptes pour ceux qui se sont enrichis illégalement sur le dos du peuple sénégalais (nous y reviendrons dans les prochains billets).
Plus que jamais l'image d'un homme du peuple qui colle à la peau de Macky devra rester une balise durant tout son magistère. Être sourd à des laudateurs de la trempe d'Iba Der Thiam, se refuser d'être envoûter par l'ambiance vautrée des fastes du pouvoir, tenir à équidistance les obédiences religieuses tel est le viatique que le nouveau président devrait faire sienne.
Que Dieu veille sur le Sénégal et aide Macky à accomplir sa mission à la tête du Sénégal.
Chronique animée par Dr Thierno Idrissa Mbow / Socio-économiste / Pour Tambacounda.info /
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Comments
très ravi de vous lire. J'étais un peu pris par les contraintes professionnelles mais je ne manquerais pas de revenir très bientôt pour faire partager nos opinions sur la vie politique sénégalaise. Merci mon Grand
Aujourd’hui, le président SALL a un avantage certain :
1) il a vu et même a été victime des pratiques controversées du président sortant qui ont mené le pays au bord du gouffre
2) il a un vécu dans la gestion des affaires de l’Etat qu’il doit pouvoir tout de suite mettre à profit.
Nous souhaitons au peuple sénégalais de ne pas voir ses espoirs à nouveau déçus.
Nous pensons que le pays est maintenant mûr pour une recomposition du champ politique. Ce serait une erreur que d’aller aux élections législatives sous la bannière de la coalition Benno Bok Yakkar. Notre pays a besoin d’avoir en face de l’exécutif un pouvoir législatif fort et dont la composition reflète le poids réel des différentes formations en compétition. Il est venu le moment pour l'existence de coalitions fondées sur des convictions et des familles politiques et non sur la seule volonté d'être dans la proximité du pouvoir.
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