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El Hadj Thiendella Fall / tambacounda.info Commerçant de son état, Khadim Ndiaye, est rappeur à ses heures perdues. Ce natif de Touba, établi à Bakel, est un des principaux animateurs de la scène hip-hop locale. On l'appelle communément ‘Khadim Rappeur’, parce qu'en plus d'être commerçant, il fait aussi du rap. Mais son vrai nom est Khadim Ndiaye. il a réussi en tant que commerçant. D'ailleurs c'est dans sa boutique de vêtements que nous l'avons trouvé. Né en 1980 à Touba, marié et père d'un jeune garçon, Khadim est un commerçant établi à Bakel depuis 1998. C'est en 2005 que le ‘virus’ du Rap le pique - mais depuis longtemps cette musique était une passion. Tout est parti de l'invitation d'un ami militaire, qui le convie à donner une prestation lors d'une soirée animée par la chanteuse Maty Thiam Dogo. C'était en 2003 au camp militaire Sada Ciré Timéra de Bakel. L'inspiration aidant, Khadim a vite fait de composer un texte intitulé Soldat. Il y évoque la mission de l'armée de manière générale et du soldat en particulier. C'est cela, confie-t-il, qui l'a lancé.
En effet, depuis lors, on ne cesse de l'inviter à des manifestations, de le solliciter pour des prestations de rap. Ses textes sont très appréciés. Pour Khadim, cette occupation est désormais un sacerdoce. Si les débuts ont été difficiles, l'artiste est néanmoins parvenu à réaliser dix-huit maquettes. Son manager (Yakhouba Sarr alias ‘Dj Jacob’, animateur radio) et lui les gardent jalousement pour l'avenir. A travers son rythme Dbd (Deug Ba Dé), Khadim dénonce une certaine catégorie de femmes qui, selon lui, ternissent l'image du beau sexe. Mais aussi certains hommes qui se jouent d'elles, en font des objets. Dans ses textes, le rappeur commerçant, non moins fervent disciple mouride, parle également de l'argent, de la vie, s'attache à sensibiliser sur certaines maladies telles que le paludisme, le Sida... Ce chanteur caméléon avoue que le lien entre ses activités inquiète certains. Mais il privilégie le commerce. ‘Le rap, confie-t-il, c'est plutôt à mes heures perdues.’ D'autant plus qu'en quittant Touba pour Bakel, il partait pour faire du commerce comme tout bon ‘Baol-Baol’. A Touba où il est né, son statut de rappeur est très peu apprécié. Là-bas, il répète, enfermé dans sa chambre. Il doit également faire face à l'opposition de son épouse qui n'aime pas du tout que son mari fasse du rap. Au point même de le déranger lors de ses répétitions. ‘Je comprends, c'est tout simplement parce qu'elle est jalouse comme toute épouse d'artiste’, lance-t-il en riant. Pour Khadim, dans la vie, on ne manque jamais d'ennemis. Cependant, il dit avoir plus d'amis que l'inverse. ‘Je suis apprécié de tous’, clame-t-il. En vers les autorités, l’artiste, soucieux de son indépendance, se veut plutôt réservé : ‘En tout cas, je ne suis pas allé vers eux. C'est un principe que j'ai adopté.’ Le commerçant-rappeur a pour ambition de sortir un album qu'il dédierait à sa ville d’adoption, Bakel. En guise de reconnaissance. Car à l'en croire, la ville lui a tout donné. Il considère que le rap progresse dans cette partie du pays. ‘Mais, s'empresse-t-il de faire remarquer, certains se disent rappeurs alors qu'ils ne méritent même pas de tenir le micro.’ Il ne manque pas de lancer un appel aux autorités pour qu'elles soutiennent les rappeurs. S'il estime qu'au Sénégal, ‘le rap se porte très bien’, il souhaite néanmoins que les grands noms du Hip-hop sénégalais aident les jeunes talents, notamment ceux de l’intérieur du pays.
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