Réunis en assemblée générale à Koussanar, les producteurs de Makacolibantang et de Koussanar n’y sont pas allés par quatre chemins pour décrier « la volonté d’accaparement du marché par certains huiliers ». Ils ont signifié à qui voulait l’entendre, leur ferme détermination à vendre leurs graines à ceux qui les assistent en amont comme en aval, surtout qu’au terme de la précédente campagne de commercialisation, leurs productions sont restées invendues.
Koussanar a refusé du monde ce samedi. Une foule de leaders paysans y a tenu une assemblée générale afin de statuer sur la campagne de commercialisation précédente et celle qui s’annonce. Le maître mot a été que l’année dernière, les producteurs ont vécu les affres d’une campagne dont les conséquences se font encore sentir. « A Ndémou Gayo par exemple, quarante tonnes de graines sont retournées aux producteurs qui étaient obligés de les brader pour subvenir aux besoins de leurs familles. Mieux, les huiliers semblent avoir du mépris pour le secteur car, comment comprendre qu’ils annoncent pouvoir acheter trois cent mille tonnes et acheter moins que ça au finish » s’est interrogé Ngouye Camara le responsable des producteurs de Koussanar. Il ajoutera que leurs camions « perdent énormément de temps à l’usine pour voir leur coller d’importants abattements qui constituent des pertes substantielles et une porte ouverte pour le cachot pour bon nombre de gérants ». La même remarque sera faite par Madame Adama Traoré, l’une des rares femmes gérantes de point de collecte dont l’intime conviction est que « les huiliers chercheraient délibérément à nous mettre à genoux en désorganisant la filière et à briser nos familles ».
Les producteurs de Makacolibantang et de Koussanar regretteront amèrement le fait que ces industriels qui crient sous tous les toits ne les assistent guère en amont et invoquent le « prétexte fallacieux de disposer de suffisamment d’argent, et que ce sont des familles entières qui feront les frais de l’ouverture du marché. Que sont devenues nos familles à nous les producteurs ? Allons-nous continuer à suer à grosses gouttes toute une année pour permettre à d’autres d’en tirer les fruits ? Que non ! » s‘est écrié Pape Banda Dièye. Le secrétaire général de l’Union Régionale des Coopératives agricoles de Tambacounda de poursuivre « nous vous assurons que pour la présente campagne, tout acheteur sera le bienvenu, il est hors de question de revivre les mêmes déboires depuis maintenant deux ans » ? Pour Carla Mbaye, autre responsable de producteurs à Makacolibantang, « c’est le début de la campagne agricole qui importe plus que la commercialisation d’autant plus qu’à cette période, nous avons ardemment besoin de semences et d’intrants, et ne voyons aucun huilier nous apporter son concours. Vous nous voyez laisser en rade durant la commercialisation ceux qui ont appuyé en amont ? Je suis formel, il n’y a qu’à l’union régionale des coopératives agricoles de Tambacounda que nous allons vendre nos graines, elle qui nous apporte des semences même certifiées et des engrais. » Les producteurs de Makacolibantang et de Koussanar d’asséner être de tout cœur avec le ministre de tutelle parce qu’ils n’ont que leur production pour vivre. D’ailleurs ils soutiendront s’organiser davantage pour tirer profit, mieux que quiconque, de l’arachide dont la valeur marchande monte.
Boubacar Dembo Tamba / Tambacounda.info /
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REDIFFUSION: Revue de la presse du 18 mars 2012. ECOUTEZ
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