Par Ousseynou Diallo / Tambacounda.info /
Les étudiantEs ressortissantEs de Tambacounda ont débarqué pour passer les grandes vacances dans leurs familles respectives après presqu’une année de dur labeur à Dakar. Ils ont tous un point commun. Une galère qui les frappe presque toutes et tous, celle des boursiers et non boursiers. A cela s’ajoute une maison qu’ils réclament toujours.
La débrouille pour conjurer la galère A entendre les étudiants et étudiantes disserter sur leurs conditions d’études et de vie à Dakar, et plus précisément au niveau du campus universitaire, on se rend compte de l’ampleur du désarroi qui s’est emparé de ces futurs cadres durant leurs neufs mois d’études. Abdoulaye Diaby, étudiant en licence de lettres modernes, a vécu cette galère, mais grâce au soutien de ses parents, les difficultés qu’il a rencontrées cette année dans l’espace universitaire, ayant essentiellement trait à l’argent, se sont amenuisées. "Moi, j’ai tenu la route grâce à l’aide de mes parents. J’essayais de me débrouiller tout seul avec la bourse et ne m’en sortant pas, j'ai été obligé d’adresser un appel en détresse à mes parents", rappelle-t-il. "Le transport, les tickets de resto, les livres, les fascicules, la bourse ne peuvent pas tout couvrir" a ajouté cet étudiant venu passer ces vacances en famille. Fatoumata Sylla renchérit "la bourse ne suffit pas à payer les œuvres au programme", se désole-t-elle au milieu de ses copines venues lui rendre visite, assises avec elle sous un arbre palabre. Si la galère est le mal le mieux répandu dans le milieu des étudiants et étudiantes ressortissants de Tamba, le système D, synonyme de débrouille, est aussi leur lot commun. Si la bourse et le maigre soutien des parents ne suffisent pas à combler les nombreux besoins des étudiants de la région orientale, ceux-ci, dans leur majorité, se sont livrés à d’autres activités pour se refaire une santé financière. "Dans notre couloir, nous révèle une étudiante logeant à la Cité Claudel, on se débrouillait comme on pouvait. Beaucoup de filles dispensaient des cours à domicile à des élèves. Moi, j’avais essayé pendant un certain temps, mais ayant eu du mal à concilier ces activités avec mes cours, j’ai été obligée de mettre un trait dessus" lâche notre interlocutrice pour nous montrer que cette tâche était des plus ardues. Moussa Diallo, en 2e année au département d’anglais, remarquera pour sa part qu’"à l’intérieur même du campus, beaucoup d’étudiants Tambacoundois s’étaient transformés en commerçants professionnels. Il y a des étudiants qui s’étaient spécialisés, ironise-t-il, dans le commerce des portables, dans la vente des cartes de crédit, d’autres dans la maçonnerie". Etudiant à la faculté de Droit, Pape Diop a perdu sa bourse à la suite de deux échecs. "Cette bourse, on la sous-estime toujours, mais c’est quand on la perd qu’on se rend compte vraiment qu’elle représentait quelque chose. Depuis que j’ai cartouché, j’ai appris à me débrouiller et, ma foi, je ne m’en portais pas plus mal grâce aux cours particuliers que je dispensais dans les quartiers environnants de l’Ucad et qui me permettaient de gagner le double de mon ancienne bourse", nous apprend-t-il. D’autres étudiants ressortissants de Tamba font pareil pour s’en sortir. Une maison des étudiants demeure une préoccupationCependant, ces étudiants butent sur des difficultés réelles dont la plus préoccupante demeure la construction de la maison des étudiants ressortissants de Tambacounda à Dakar. Chaque année plusieurs centaines de nouveaux bacheliers Tambacoundois orientés à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar rencontrent des problèmes d'hébergement. Pour mettre fin à cette situation atroce, ces étudiants réclament une maison d'accueil pour, de l'avis d'Abdoulaye Diaby, "trouver un minimum de confort afin de poursuivre normalement leur cursus supérieur". A en croire notre interlocuteur, les étudiants doivent disposer de cette maison d'accueil comme leurs camarades des autres régions de Ziguinchor, Thiès, Saint louis et récemment Kédougou... D'ailleurs signale-t-il, les voies et les moyens ont été cherchés pour l'acquisition de celle-ci, mais en en vain. "Les autorités de la ville de Tambacounda et autres cadres ne sont pas disposés à nous aider. Ce qui est lamentable pour nous, car nous sommes des Tambacoundois et nos problèmes ne peuvent être réglés par nos autorités locales". Cette doléance des étudiants ressortissants de Tambacounda date de plus d'une décennie. Pour cette fois-ci, les étudiants de Tambacounda n'hésiteront pas à contourner les autorités locales et autres cadres qui ont démontré leur incompétence à tous les niveaux. "Nos autorités et autres cadres de la région n'ont aucune considération pour nous. Leur attitude n'est pas encourageante. Ils ne fournissent aucun effort pour nous motiver", précise Moussa Diallo qui, très remonté, soutient que seuls quelques bénévoles originaires des autres localités apportaient des soutiens considérables à notre encontre. 
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