Par Boubacar Dembo Tamba / Tambacounda.info
Il est des écoles de brousse qui, malgré des conditions plus que précaires (enclavement, infrastructures d’accueil, manque d’enseignants, pesanteurs socioculturelles) réalisent de très bonnes performances. C’est le cas de l’école de Badi Nioghany, une petite bourgade de la communauté rurale de Dialacoto qui, après les 92% réalisés en 2004, a placé la barre très haut cette année avec 100% d’admis au CFEE et 99% à l’entrée en sixième, au grand bonheur des populations de la contrée et des autorités académiques de la région.
En 2002 déjà, l’école élémentaire de Badi Nioghany s’était illustrée avec 75% d’élèves reçus au CFEE, tout comme à l’entrée en sixième. En 2004, le taux d’élevait à 92% pour cette année atteindre la barre des 100% au CFEE et 99% à l’entrée en sixième. Cette belle performance, Tidiane Ndiaye, le directeur de l’établissement de trois classes, la met au compte « de l’ardeur au travail, de l’assiduité, car je ne suis jamais les mouvements d’humeur des organisations syndicales, et de la perspicacité ». Pourtant, l’exploit réalisé par Mr Ndiaye, car c’en est bien un, n’était pas du tout donné au départ. Il avait une classe à cours multiples (un CM1 et un CM2), une véritable paire de manches.
Malgré ses belles performances, l’école de Badi Nioghany demeure dans un inexplicable état de d’extrême dénuement. Depuis sa création, il y a plus d’un quart de siècle, elle ne comprend que trois cours et une seule construction. Les paquets de service chantés sur tous les toits par les autorités académiques y demeurent au stade des rêves irréalisables. « A défaut de changer l’ordre du monde, je change l’ordre de mes désirs » fulmine stoïquement Mr Ndiaye qui précise qu’il mouille davantage le maillot pour la cause.
Justement pour cette cause, il y a lieu de se poser un faisceau de questions. Comment est-il est possible qu’en trente années d’existence, une école ne puisse devenir un cycle complet avec tout ce qu’il faut comme paquets de service ? Comment s’établissent les cartes scolaires ? Quels sont les mobiles présidant à de nouvelles créations ou à des extensions ? N’est-il pas possible de définir des rayons bien déterminés et d’y implanter des écoles à cycles complets que se partageront plusieurs villages plutôt que de mettre dans chaque village qui le sollicite, avec par moments la mains des politiques du patelin, une école d’un seul cours ?
Les classes multigrades et les classes à double flux foisonnent et si l’enseignant n’a pas une très bonne assise pédagogique, bonjour les dégâts. Les résultats auxquels est parvenu Mr Tidiane Ndiaye méritent d’être salués et fortement encouragés dans la mesure où deux des quatre filles du CM2 ont décroché leur parchemin pour le moyen secondaire.
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