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Par Assanne Diallo L’environnement du quartier Dépôt de Tambacounda, l’un des plus anciens quartiers créé en 1955, n’est pas du tout hostile. Avec ces 7.000 habitants, le vieux et populeux quartier jonche au centre de la ville l’avenue Kandioura Noba. Il y a quelques années, le quartier Dépôt était devenu un point de ralliement grâce à l’implantation du Cinéma Hady qui démarrait à 21h des projections se terminant après minuit. Aujourd’hui, le cinéma ne fonctionne plus et son propriétaire y a installé des cantines.
Les bâtiments sont vétustes au quartier Dépôt, la majeure partie des maisons ayant été construites avec du banco et étant parmi les premières constructions de Tambacounda. Ce quartier doit faire face à beaucoup de difficultés. L’un des problèmes majeurs reste le manque presque total de système de collecte et de traitement des déchets ainsi que d’approvisionnement en eau et d’épuration des eaux usées. La population vit dans des conditions d’hygiène qui entraînent de graves maladies infectieuses avec toutes les conséquences que celles-ci peuvent avoir, surtout pour les nouveaux-nés et les enfants.
Durant la saison des pluies, les habitants du quartier Dépôt qui logent aux abords du Mamacounda sont menacés par des innondations. Le Mamacounda est un cours d’eau venant du Ferlo qui va alimenter le Sandougou en passant par Tambacounda, Sinthiou Malém, Koussanar, Maka Kolibantang pour verser ensuite dans le fleuve Gambie. La bombe écologique
Si les pluies sont attendues avec espoir par les paysans, elles sont redoutées par les populations riveraines du lit du Mamacounda qui sont hantées par un cauchemar : les innondations. Un phénomène qui se reproduit presque chaque année pour ces gens qui vivent depuis une décennie sur une véritable bombe écologique.
Les années se suivent et se ressemblent. Les problèmes des riverains du Mamacounda se succèdent avec leur lot de désolation et de tristesse. Les milliers de familles qui vivent dans ces zones redoutent chaque année la première tombée des pluies, alors que les paysans ne cessent d'implorer le ciel pour avoir une bonne pluviométrie. C’est que les pluies tellement désirées jettent à la rue des milliers de familles, qui sont parfois contraintes de déménager chez des parents dans un quartier à l'abri.
En effet, les maisons sont submergées chaque année depuis une décennie par les eaux stagnantes et puantes, dont une partie empeste toute l'année les gouilles les plus profondes du Mamacounda, les flots charriant avec eux les ordures jetées derrière les maisons qui dégagent une odeur nauséabonde. Certaines familles prennent leur courage à deux mains pour résister. Mais de quelle façon !
Scène récurrente, ces braves habitants du lit du Mamacounda, qui armé de bois qui d’écuelles ou de seaux, tentent à chaque hivernage d’évacuer les eaux qui ont fini d’innonder leurs maisons, s’invitant même dans leur lit. Solidarité oblige, les voisins dont les demeures sont épargnées leur apportent, chaque fois que de besoin, aide et réconfort. La situation de pauvreté extrême s’aggrave. Même préparer son repas relève de l’acrobatie. Il n’est pas rare de voir des dames entasser de gros cailloux au-dessus desquels elles posent les ustensiles de cuisine pour prendre le repas en famille.
Prolifération des maladies
Le calvaire est toujours là, persistant malgré plusieurs plans de curage. Depuis 2000, des opérations de profilage et de curage sont entreprises et il n'y a plus eu d'innondations majeures. Mais le lit du Mamacounda est transformé en dépotoir géant. Il est nécessaire que les autorités municipales procèdent chaque année au délarvage des eaux stagnantes sur le Mamacounda pour lutter contre la prolifération de maladies comme le paludisme et la fièvre jaune qui font de véritables ravages, accentuant un taux de mortalité déjà très élevé dans cette zone.  Cette situation, la dame F. Nd, la soixantaine bien passée, habitant en face du lit du Mamacounda au quartier Dépôt la vit chaque année. «Nous sommes fatigués, an après an nous sommes envahis, ma famille et moi, par les eaux de pluies qui rentrent jusque dans nos chambres» se désole la dame avant de poursuivre que «même si ce ne sont pas les pluies, les gens déversent derrière nos maisons leurs ordures qui dégagent des odeurs infectes». Elle pointe du doigt le décor qui n’est guère reluisant. Même son de cloche pour B. D qui clame son indignation «nous sommes complètement épuisés, de jour comme de nuit nous sommes envahis par des moustiques». Elle pointe un doigt accusateur vers la municipalité: «la mairie ne fait rien pour les populations. Les autorités n’attendent que les innondations pour venir nous voir et nous faire des promesses qu'elles ne tiennent pas. Elles n’ont aucune considération pour nous, les habitants des abords du Mamacounda».

Les inondations de juillet 1998 et 2000 par exemple, avaient détruit un grand nombre de maisons du quartier Dépôt en laissant de nombreuses familles sans abri contraintes d'aller se loger dans l’école Dépôt (actuelle Sada Maka Sy). Ces grandes crues du Mamacounda, qui reste à sec pendant plusieurs mois, détruisirent également des rues et mirent à nu les racines des arbres les bordant.
Alassane Diallo
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