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Pape Ousseynou Diallo / tambacounda.info Assaillies par une incompréhension totale, une frustration et une rancœur après que le département de Bakel ait été amputé des arrondissements de Balla et de Goudiry qui constitueront le nouveau département de Goudiry, les populations de Bakel ont laissé éclater leur colère à travers une marche sous une pluie battante. Résultats: elles déplorent l’attitude des autorités et réclament avec insistance que leur localité soit érigée en région.
Un test réussi, selon les organisateurs
"De mémoire des Bakélois, jamais autant de monde n'a été enregistré", révèle un septuagénaire. La forte mobilisation a pesé sur la balance. Tout ce que le département de Bakel compte comme habitants sont venus participer à cette randonnée à travers les artères de la commune. Dans l’unité, les populations ont voulu montrer leur solidarité et forces. Le travail titanesque de la commission de suivi présidée par Tahirou Diakhité a porté ses fruits. Le rêve de ladite commission, comme l’a dit le leader dans son discours, est de voir les populations du département s’unir autour des grands enjeux pour faire de leur cité un printemps économique et social qui n’est pas loin d’être réalisé. Le test a-t-il réussi ? C’est un oui ferme chez les membres de la commission de suivi rencontrés. D’autant que, poursuivent-ils, "les Bakélois sont devenus responsables" dans le souci d’atteindre leurs objectifs : Non à la marginalisation. Pleins feux sur la marche pour réclamer l’érection du département en région 9 heures 12 minutes, samedi 26 juillet, au campement Jikké, une journée différente des autres s’annonce sur la ville. Malgré les fortes précipitations, des milliers de personnes sont visibles, avec des brassards rouges attachés de la tête, ou autour des bras. Avec des pancartes et affiches en mains, sur lesquelles on peut lire : "Bakel 15e région ; Bakel un carrefour sous régional ; Bakel une entité réelle ; Bakel une région émergente ; Non à la marginalisation". Les milliers de marcheurs sont encadrés par les hommes du Colonel Wagane Faye, pour une marche vers les principales artères de la ville afin de montrer leur colère aux autorités, concernant la marginalisation dont a été victime cette ville historique. Les véhicules sont obligés d’emprunter les ruelles, cédant la place des grandes avenues aux marcheurs. Juste sur le rond point qui mène vers le marché central, un groupe composé de vieux, jeunes et femmes attendent pour rallier le groupe qui a pris d’assaut depuis les premières heures le campement de Jikké. Le cortége s’amplifie et la foule s’agrandit de minutes en minutes. Les propriétaires de motos et vélos sont devant pour donner le ton. Un grand tour est fait par les marcheurs pour atteindre l’autre carrefour, pour encore se faire voir et entendre par les autorités. Direction le marché, pour cette fois-ci filer vers la préfecture où le maître des lieux attend les marcheurs devant la porte, en présence de ses collaborateurs. Le préfet du département, qui a pris bonne note, a promis aux marcheurs de rendre compte à son supérieur, «dans les minutes qui suivent». Selon Tahirou Diakité, président de la commission de suivi, «les populations du département sont assaillies par une incompréhension totale, la frustration et la rancœur, après avoir appris que suite au nouveau découpage administratif du territoire nation, Bakel a été amputé de Balla et Goudiry. Par conséquent, les populations réclament l’érection de leur localité en région», confie-t-il. Il faut dire que ce département n’a jamais bénéficié des fruits du régime socialiste et de l’alternance. Pendant presque 48 ans, rien n’a été fait dans cette partie du Sénégal oriental. Tous les chantiers sont en veilleuses. Ainsi, avec cette marche, les populations espèrent des lendemains meilleurs et des récompenses.
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