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| Synthèse de la rencontre RIT2D avec les acteurs locaux à Diawara le 25.12.2007 |
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| 21-09-2008 | ||||||
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Présidence de la séance : Makha Sakho, Maire Contexte : A Diawara, la plupart des infrastructures, des constructions ont été mises en place grâce au travail des émigrés, alors que le gouvernement n’a pratiquement rien fait. L’inquiétude grandit, car l’émigration devient de plus en plus difficile ce qui compromettra à l’avenir cette ressource pour le développement tel qu’il a été conçu jusque là. Diawara vit des fruits de l’émigration.
Point faible des projets montés : Comme à Bakel, le constat est posé que les activités des projets et structures ont de la peine à être pérennisés et qu’ils meurent dès la fin de leur baptême. Le manque de communication et de moyens mis en œuvre pour leur animation et leur suivi les fait trop souvent péricliter. Des participants relèvent que le réseau qui concerne toute la région ne doit pas être l’affaire que des dirigeants et que la population doit s’investir pour que le réseau soit vivant. Un participant apporte un point de vue en disant que ce sont les projets générateurs de revenus qui doivent être privilégiés, pour impulser un développement économique qui attirera ensuite d’autres investisseurs et poussera l’Etat à améliorer les infrastructures. Il faut que les émigrés mettent l’accent sur les investissements pour booster l’économie de la région et se positionner à terme comme des interlocuteurs économiques ayant un poids réel au Sénégal. Infrastructures routières : Pas de route bitumée jusqu’à Diawara. Pendant l’hivernage le village est coupé du reste du Sénégal. Le pont construit par le gouvernement sur le marigot qui barre la piste de Moudéry est détruit, les citoyens essaient de le reconstruire, mais ils n’ont pas d’aide. Hydraulique : Le problème de l’hydraulique fait partie des problèmes les plus cruciaux à Diawara avec l’électrification et les routes. Sur recommandation d’Ousmane Dianor, Makha Sakho a pris contact avec Demba Niang (Kidira), puis avec Lamine Bâ (Thies) recommandé par Demba Niang, pour monter un projet autour de l’hydraulique pour palier au manque d’eau potable à Diawara. Ce projet est en cours d’écriture et il sera ensuite soumis aux Jardins de Cocagne. Education : Le collège de Diawara recueille tous les élèves des villages environnants et il est trop petit pour que ces 400 ou 500 élèves puissent étudier normalement. Ils sont obligés de partager les temps d’enseignement par des doubles ou triples flux. Malgré un bon taux de réussite à l’entrée en 6e, on compte très peu d’enfants qui poursuivent les études supérieures, car les parents estiment que la voie vers la réussite est l’émigration telle qu’elle a été pratiquée jusque là. Les exemples de réussite à Diawara sont les émigrés qui sont partis même sans avoir fait d’études et ceci constitue le premier blocage dans le système éducatif. Les émigrés de Diawara n’encouragent pas assez les enfants à se maintenir à l’école pour poursuivre de bonnes études. Un directeur d’école demande au réseau de faire un travail de sensibilisation pour que les parents (émigrés ou non) de Diawara et des environs maintiennent leurs enfants à l’école, car il n’y plus de perspectives pour les émigrés analphabètes. Un enseignant déclare que les études sont l’investissement le plus sûr, mais qu’il faut montrer l’exemple en travaillant ou revenant travailler au pays avec le bagage intellectuel et le savoir-faire acquis. Un participant qui a une expérience dans le développement relève que celui-ci ne passera pas sans l’alphabétisation des adultes qui sont les forces vives de la nation et qu’il ne faut pas seulement penser à la scolarisation des enfants. Les projets de développement échouent bien souvent car les adultes n’ont pas les connaissances adéquates pour utiliser les moyens techniques octroyés dans les projets. Il insiste également sur le fait que les garçons doivent autant que les filles être encouragés à rester à l’école à travers des projets de sensibilisation auprès de l’Etat, des émigrés et des populations locales. Un ancien émigré rappelle que les émigrés ont aussi contribué à aider l’école en achetant des fournitures scolaires quand l’Etat n’en fournissait pas assez. Si des enfants sont allés à l’Université, c’est grâce au travail des émigrés sans les revenus desquels les gens de Diawara n’ont pas les moyens pour les soutenir dans la poursuite d’études. Agriculture : Le secteur le plus important de la commune est l’agriculture, notamment dans les périmètres irrigués qui sont exploités depuis 1976. Un participant déplore que les cultivateurs n’aient aucun appui, bien que ce secteur soit essentiel à la survie des populations et à leur bien-être social. Depuis 2001, 200 hectares ont été cultivés avec les houes traditionnelles, car il n’y a aucune machine à Diawara. Quand des bailleurs apportent des fonds, il dit que les cultivateurs n’en reçoivent pas la moitié et qu’ils n’arrivent pas à réaliser les projets tels que prévus. Il demande au réseau un appui pour l’agriculture. Un autre ajoute qu’il ne faut pas oublier de développer l’élevage dans la commune. Pêche : Diawara subit les conséquences de la construction des barrages de Manantaly et de Diaman, qui malgré les espoirs des pêcheurs, ont causé la disparition des poissons. La population mange des poissons importés de Dakar qui ne sont pas frais à l’arrivée et rendent les gens malades. Les promesses du gouvernement pour une aide à monter des projets de pisciculture n’ont pas été tenues et les pêcheurs se sont reconvertis dans l’agriculture. Les pêcheurs souhaitent un appui pour revitaliser la pêche à Diawara. Artisanat : C’est un représentant du corps des cordonniers et des forgerons qui prend la parole. Il déplore un manque de matériel de travail et souhaite attirer l’attention du RIT2D sur leur situation. Ces artisans souhaitent perpétuer la pratique de leur métier pour faire vivre leur famille et ne pas être obligés de l’abandonner pour trouver d’autres ressources. Santé : Diawara a des problèmes d’accès aux soins en raison de la piste impraticable en hivernage et Diawara ne dispose pas de véhicule pour une évacuation vers les centres hospitaliers du département ou de la région. Un travailleur du poste de santé souhaite sensibiliser le réseau sur cette question de véhicule sanitaire. Plaidoyer : Les participants attendent du réseau qu’il permette la constitution d’un groupe fort de plaidoyer, de pression pour l’exigence des droits des citoyens de la région, en particulier dans les équipements et les infrastructures de base (routes, hôpitaux, écoles, etc.). Un participant déplore la passivité des populations par rapport à l’attitude d’indifférence de l’Etat envers la région, il considère que sans une union des populations de la région pour des revendications rien ne bougera. Les membres du réseau précisent qu’aucun plaidoyer de la diaspora ne sera efficace si la population ne se mobilise pas et que l’Etat doit être sollicité et traité comme un partenaire. Association d’expatriés de Diawara : COREDIA (Paris, Dakar). Un membre de cette association a entendu parler du projet de réseau depuis Paris. Il encourage le RIT2D à contacter le COREDIA et aussi à mener un travail de sensibilisation auprès des parents émigrés pour qu’ils maintiennent leurs enfants à l’école. (Synthèse de la rencontre établie par Anne Dia, secrétaire permanente du RIT2D, sur la base de l'enregistrement des échanges)
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