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Bakel: 69 villages banissent l'excision et les mariages frocés et précoces

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Hier dimanche 18 décembre 2011 à Bakel, soixante neuf communautés du département ont publiquement déclaré avoir tourné pour de bon le dos à l’excision tout comme aux mariages précoces et forcés.La tâche n’a pas été de tout repos pour les facilitateurs et superviseurs de Tostan qui sué à grosses gouttes face à de vives résistances à l’entame du programme de renforcement communautaire.


« Incroyable mais vrai, nous y sommes enfin ! » s’est exclamé un superviseur de base établi à la cooordination de Tostan à Tambacounda, pour dire que le chemin a été long et parsemé d’embuches. Soixante sept villages et deux communes du département de Bakel ont en effet publiquement déclaré hier dimanche avoir définitivement opté pour la promotion des droits humains en renvoyant aux calendes grecques toutes les pratiques néfastes à la santé de la mère et de l’adolescent, ce dont se sont vivement félicités les partenaires que sont l'Unicef, Unfpa et le gouvernement du Sénégal représenté à la ncérémonie par la directrice de la famille tout comme les notabilités coutumières et religieuses.

Cinquante cinq facilitateurs sont déployés par Tostan dans une vingtaine de villages et communes des communautés rurales de Gabou, Moudéry et Balou lesquels villages ont polarisé près d’une cinquantaine d’autres villages bénéficiaires indirects dans le cadre de son programme de renforcement de capacités communautaire. La première phase de ce programme dénomméé « Kobi », comprenez  préparation du sol en langue mandingue, en partenariat avec le gouvernement, l’Unicef vet Unfpa, a consisté pour ces milliers d’auditeurs à plancher dans les langues pular, soninké et mandingue, sur des sujets aussi brûlants que la démocratie, les droits humains, la résolution de problèmes ou encore l’hygiène et la santé. Outre les centres d’alphabétisation, des rencontres inter villageoises, des journées de partage avec les partenaires communautaires et stratégiques (imams, groupements de femmes, élus locaux, organisations de jeunes, autorités administratives et locales) et des émissions radiophoniques sont tenues pour convaincre les plus sceptiques que les communautés ne tirent point de bénéfice en se cramponnant dans certaines traditions piétinant les droits humains.

Pour accompagner le programme, des comités de gestion communautaire sont mis en place, et afin de mieux jouer leur partition dans le sens de la pérennisation des acquis, leurs membres sont outillés dans divers domaines dont la gestion, la communication, la confection et tenue des documents et fiches de gestion, la confection des plans d’action par exemple.

Durant la seconde phase dite « Aawde » du programme, les bénéficiaires se pencheront sur la lecture, l’écriture et le calcul et la gestion des projets.

« Les impacts du programme que Tostan a déroulé dans notre communauté rurale sont inestimables. Aujourd’hui, il est heureux de constater partout que les femmes et les jeunes s’attaquent tout le temps à l’insalubrité, des pères de familles interdisent leurs épouses à pousser leurs filles vers l’excision ou les mariages précoces et forcés » s’est félicité Diarra Diawara, le président du conseil rural de Gabou qui a abrité samedi un pannel entre les communautés et les différents organes de presse. Pourtant, personne n’osait présager deux saisons avant d’une telle perspective. « Nous étions rejetés comme des malpropres car considérés comme des ennemmis de l’islam » expliquera Boubacar Kandé, superviseur de base à Tostan. « Conscients de l’importance des enjeux, nous avons reculé pour mieux sauter avec des approches innovantes consistant à mettre à contribution des notabilités coutumières et religieuses, des techniciens de la santé et des enseignants », ajoutera-t-il. Une forte délégation du Mali voisin y a pris part, et l'occasion sera saisie par Mme Josephine Keita, la coordinatrice du programme national de lutte contre la pratique de l'excision du Mali pour relever que "cette action consistant à lutter contre l'excision doit être inscrite dans un cadre transnational pour plus d'efficacité d'autant plus qu'il n'y a pas de frontière entre les peuples malien et sénégalais". Pour Mme Ndèye Soukeyna Guèye, la directrice de la famille, au delà de "la maitrise de la dynamique sociale favorable à la pratique et à l'abandon de l'excision bien comprise par Tostan" et des actes majeurs posés par les pouvoirs publics dont la fameuse loi 99-05 du 29 janvier 2009 modifiant l'article 299 du code pénal, des actions tendant à renforcer les acquis seront menées dans le cadre d'un programme devant se dérouler entre 2012 et 2015. L'on retiendra entre autres la réalisation d'une cartographie nationale pour une meilleure maitrise des interventions et des acteurs. "Le gouvernement s'est engagé à renforcer le partenariat avec les organisations de la société civile et tous les autres acteurs" soulignera la directrice de la famille. Ce changement de normes et de conventions sociales généré par l'intervention de Tostan, le préfet du département de Bakel, du reste président du comité de pilotage de cette déclaration départementale d'abandon de l'excision et des mariages précoces et forcés s'en est aussi réjoui, même s'il a regretté le fait qu'il y a encore malheureusement des poches de résistence. "Il va falloir pérenniser les journées de mobilisation sociale et les rencontres inter villageoises dans les zones de résistence et les celles frontalières" lancera-t-il. Outre les nombreux sketches et autres prestations culturelles mettant en relief les effets dévastateurs de ces pratiques, le clou de la manifestation a été l'intervention de El Hadj séckou Gassama, le vénéré khalife général de Didé Gassama qui soulignera avec force que telles pratiques ne seraient pas recommandées par l'islam. Au delà des comités de gestion communautaire mis en place dans chaque village bénéficiaire direct du programme, le président du conseil rural de Gabou qui a acceuilli la veille un panel entre les communautés et la presse dira mettre en place un cadre de concertation dont les membres seront les élus, les élèves, les techniciens de la santé, les enseignants pour un bon suivi des acquis du programme de Tostan.

Boubacar Dembo Tamba / Tambacounda.info /




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Mise à jour le Lundi, 19 Décembre 2011 09:17

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