Excellence, Monsieur le président de la République, qu’il me soit permis de vous adresser mes chaleureuses salutations et mes vœux les meilleurs au lendemain de la célébration de la grande fête musulmane : la Tabaski. A travers cette énième lettre publique, je reviens à la charge avec mes préoccupations légitimes et celles de mes sœurs, frères, parents et amis de Kédougou. Nul n’est mon directeur de conscience et j’ai toujours le courage de dire ce que je pense. Kédougou est, plus que jamais, malade et surtout prise en otage.
Excellence, je me demande si vous êtes bien informé sur les réalités dans cette belle région dont, est-il besoin de le rappeler, les richesses sont inestimables. Vos collaborateurs ne vous diront jamais la vérité. Ils vous feront toujours croire que tout va bien à Kédougou. Mieux, ils vous ont certainement dit ceci : «Monsieur le président, toute la population de Kédougou est derrière vous, car satisfaite de vos réalisations. Nous (vos collaborateurs) n’avons ménagé aucun effort pour donner corps et âme à votre vision. A Kédougou, Excellence frère Secrétaire général national, votre réélection sera juste une promenade de santé…et j’en passe» !
J’affirme, sans ambages, qu’ils vous racontent des histoires et rien que des histoires. Ayant horreur de parler dans le vide, je fais ce que je sais faire le mieux ; informer : juste et vrai. Les faits. Rien que les faits. Le commentaire est libre, m’a-t-on appris à l’école de journalisme. Pour revenir aux faits, commençons par la gestion de l’équipe municipale. Récemment, un malentendu entre deux adjoints du maire avait crée pendant deux mois un blocage indescriptible. Depuis avril 2010, Kédougou n’a pas d’éclairage public. L’insécurité hante le sommeil des populations. A la veille de la Tabaski 2011, plus de 200 familles se sont plaintes de vol de mouton. Une première à Kédougou. L’insalubrité est visible même par les non voyants. Kédougou est une ville sale. Au marché, l’espace réservé à la vente de viande (tout sauf une boucherie) est infréquentable. L’assainissement, n’en parlons même pas. Exceptée la route principale dénommée la rue Cedeao, il n’y aucune rue goudronnée dans la Commune de Kédougou. Pis, à cause de ce déficit de voirie, aucun Kédovin ne peut s’offrir le luxe de porter un grand boubou blanc. La poussière est partout. La preuve, la tuberculose reste le premier motif de consultation dans cette ville. Elle tue plus que le paludisme.
A Nettokhoto, un terrain est cédé à un homme d’affaire ouest africain qui y a implanté une société de traitement d’or avec du mercure déversé dans les eaux du fleuve. Une réelle menace de santé publique. Désoeuvrée, la jeunesse kédovine est laissée à elle-même. Les retombées des ressources minières n’enrichissent que quelques privilégiés. Ainsi, l’agression et le banditisme ont pris une ampleur inquiétante à Kédougou.
Faut-il rappeler que la l’oisiveté est la mère de tous les vices. Toutes les couches de la population notamment les femmes de Kédougou sont déçues, par le régime de l’alternance. Elles sont pauvres, malgré les immenses richesses de leur sol, sous sol… ! Ce qui est frustrant à tout point de vue. On se rappelle toujours les émeutes de Kédougou. Il s’y ajoute que la régionalisation n’a rien changé dans le quotidien des populations. Les kédovins sont, sans nul doute, les oubliés de votre régime. Sachant que les belles promesses ne font pas vivre un peuple. D’ailleurs, «elles n’engagent que ceux qui y croient».
Tout en vous souhaitant une bonne réception de la présente lettre publique, je vous prie d’agréer, Monsieur le président de la République, l’expression de ma profonde gratitude. A très bientôt… !
Par Maké Dangnokho / Journaliste /
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REDIFFUSION: Revue de la presse du 18 mars 2012. ECOUTEZ
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