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[Contribution]: Ambiance de fin de règne au Sénégal

La question que tout le monde se pose est de savoir si ça va « péter » en 2012, autrement dit si notre cher pays va connaître des troubles majeures au point d’exploser comme ce fût le cas dans d’autres pays de la sous région ou d’ailleurs. Quel sera le visage du Sénégal au lendemain des élections de février 2012 ? Mais bien avant les présidentielles, Me Wade va-t-il s’obstiner à vouloir se présenter à une semaine de la proclamation de la liste officielle des candidats, alors que d’après la Constitution, il n’a plus le droit ? Toute la question est de savoir quelle sera l’attitude de ce vieux politicien, obnubilé par le pouvoir, d’autant plus qu’il ne sera plus acceptable pour les citoyens de rester passif face à ses basses manœuvres.

En mauvaise posture, Me Wade cherche désespérément par tous les moyens à faire avaler en dernier ressort au peuple la recevabilité de sa candidature. Même s’il avait la possibilité de se représenter, je pense qu’à 90 ans, il doit faire valoir ses droits à la retraite. Car il n’a plus les capacités physiques et intellectuelles d’accomplir la mission que le peuple lui a confié.

Il est évident que ce régime libéral qui distribue des 4x4 à tout bout de champs, des billets d’avions et de banques, à coup de milliards de francs, à des chefs religieux, lutteurs, politiciens, mouvements de soutiens, chanteurs, etc. est prêt à tout pour conserver le pouvoir, qui leur échappera. Ce régime au-delà de ses réalisations en matières d’infrastructures, s’est distingué par la violence, la terreur, le pillage, le vol, la gabegie, et finira probablement dans les poubelles de l’histoire pour reprendre les mots de Léon Trotsky.

N’est –il pas surréaliste de voir des experts, des juristes – que je respecte- payés par le contribuable sénégalais venir donner des explications inexactes sur un texte que le peuple a adopté souverainement.

Non on ne peut pas bafouer la dignité d’un peuple pour défendre ses propres intérêts et ceux de son clan.

Où est la morale et la vertu ? Pourtant des valeurs essentielles qui fondent la nation sénégalaise comme le courage, l’honneur, l’humilité, que tout un chacun est censé incarner et dont ils leur reviennent en partie de les vulgariser sont entrain de disparaître au profit des intérêts mercantiles.

Ces échéances électorales de 2012 doivent sonner le glas de ce régime aux abois et de son chef, lequel à bout de souffle, a été incapable de produire une alternative nouvelle, crédible, et de redonner de l’espoir aux couches populaires, lesquelles ont véritablement souffert des effets de sa gestion calamiteuse des affaires de l’Etat.

A 90 ans et après 12 ans de règne, on doit savoir dire stop. « La condition capitale pour toute jouissance, nous rappelle Kierkegaard, c’est de se limiter ».

Jamais dans l’histoire du Sénégal on a connu un tel régime, qui nous a humilié, méprisé, abîmé, spolié et exproprié.

L’un des problèmes majeurs de notre pays est la question des contrepouvoirs, qui sont faibles. Dans la mesure où, il n'y a pas de grands syndicats, ni de solides formations politiques - même si on ne peut les considérer comme des contre-pouvoirs - et ni d’organismes capables de défendre efficacement les citoyens. En outre, le Parlement, censé être indépendant est soumis au pouvoir exécutif. Les corps intermédiaires sont quasiment inexistants et les citoyens n’ont pas suffisamment confiance en leur institution judiciaire comme le démontrent les différentes enquêtes d’opinion. Puisqu’en réalité, elle subit l’influence du pouvoir exécutif et divers groupes de pressions proches du pouvoir politique.

Le fait que les magistrats du parquet, les membres du Conseil Constitutionnel, qui veillent au respect des lois et des attributions de chaque pouvoir et les magistrats de la Cour des Comptes soient nommés par le pouvoir exécutif, conformément aux articles 89 et 90 de la Constitution, ne font qu’accentuer cette dépendance ou cette soumission.

Cette pesanteur sur le corps de la magistrature, calqué sur le modèle français fait qu’il règne un auto- conformisme chez les magistrats qui veulent avancer dans la hiérarchie.

Cette tradition jacobine synonyme d’assujettissement des magistrats aux dirigeants politiques fait que ces derniers bénéficient en quelque sorte d’une immunité et se placent au dessus des normes juridiques. Ainsi, nous avons une justice à deux vitesses. C'est-à-dire une justice appliquée aux pauvres, aux citoyens ordinaires, bref à la société d’en bas. Et une justice qui abandonne ses charges contre certains auteurs des scandales politico financiers, contre les agresseurs des journalistes, des syndicalistes et des leaders d’opposition. Les différentes affaires politico-financières non élucidées et qui secouent la société sénégalaise achèvent de donner à l’institution judiciaire un rang secondaire et impartial.

Face aux déclarations de principe sur l’indépendance de la justice, nous remarquons infine que les magistrats et les juges sont loin de bénéficier d’une totale liberté dans l’exercice de leur fonction, pourtant nécessaire à l’émergence d’un Etat de droit fort où les puissants respecteront les droits des faibles et où les notions de justice, d’égalité, de démocratie et de liberté auront un réel sens. Ceux qui sont chargés de contrôler le pouvoir politique ne doivent pas être nommés par ce dernier.

La réalité est qu’au Sénégal, le Président de la République est finalement pourvu d’un pouvoir de souverain. Il détient l’essentiel du pouvoir. Gardien de la Constitution, il préside le Conseil des ministres et, est le premier Protecteur des Arts et des Lettres. Il incarne l’unité nationale, il est le garant du fonctionnement des institutions, de l’indépendance nationale et de l’intégrité du territoire. Il détermine la politique de la nation (art. 42). Chef suprême des armées, le Président de la République est en outre responsable de la défense nationale, sans oublier qu’il préside le Conseil national de sécurité et le Conseil supérieur de la défense (art. 45) et il détient le pouvoir de nomination aux emplois civils (art. 44) et à tous les emplois militaires. Et enfin, il nomme le Premier ministre et les ministres sur proposition du Premier ministre (art. 49), met fin à leurs fonctions, sans oublier qu’il a la possibilité de dissoudre le Parlement (art. 87). Bien entendu la liste n’est pas exhaustive.

Cette concentration des pouvoirs entre les mains d’une seule personne qui fait et défait les carrières, et monopolise les ressources de l’Etat explique en grande partie le déséquilibre des pouvoirs, les flux de transhumance, la courtisanerie et l’absence de tout esprit critique d’une partie de la classe dirigeante, qui tient coûte que coûte à défendre ses intérêts personnels et matériels.

Des écrits de Montesquieu on retient qu’un système qui n’est pas régulé ou très mal régulé à tendance à produire des dérives, aux conséquences dramatiques, incalculables.

La campagne électorale qui s’ouvre est une occasion inespérée pour débattre des questions essentielles, telles que la modernisation de nos institutions, l’énergie, ressource hautement stratégique, dont l’insuffisance affecte considérablement l’économie dans son ensemble, le développement des PME, la politique étrangère à mener vis-à-vis de nos voisins et des autres puissances, la sécurité, le renseignement, la modernisation de nos forces de sécurité, etc. Car, depuis la fin de la guerre froide, le nouveau monde est éclaté. L’anarchie qui règne dans le monde n’est pas seulement due à l’activité de certains dirigeants incontrôlables, mais également à des réseaux criminels qui s’immiscent dans les affaires internes des Etats pour les déstabiliser. D’où l’absolue nécessité de revoir notre politique sécuritaire.

J’ose espérer que toutes ces questions de fond ne sauront pas occulter durant ce moment roi de la politique, car à 1 mois du premier tour il n y a eu aucun débat télévisé entre les potentiels candidats.


Par Souleymane Sadio Diallo, docteur en science politique / Paris. Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

 

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Comments

 
0 #10 traoré 2012-03-08 13:50
bonne contribution. visionnaire!
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0 #9 ass 2012-01-28 13:29
mobilisation générale. c'est fini pour les voleurs du PDS. ce n'est pas la police ou l'armée qui va nous empecher de dégager wade.
on va dégager ces fils de putes
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0 #8 abdou 2012-01-28 12:32
voila les violences. que wade dégage. ce fils de merdre.
on ne restera pas les bras on va de lz dégager.
dégage................
dégage..............
dégage wade....................
dégage.................................wade
dégage wade...........................
wade dégage...............................
wade dégage..........................on te hait
wade dégage.................................
wade dégage...................................
wade dégage......................................fils de merde
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0 #7 jr 2012-01-26 16:43
je pense que wade et ses amis vont se sauver. ils ont fait trop de mal à ce pays. trop volé. il faut les mettre en prison.
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0 #6 flo 2012-01-24 18:07
bon contribución hermano mio siga así hermano
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0 #5 fall 2012-01-24 12:59
bonne contribution...................................................................
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0 #4 morning 2012-01-24 12:38
bon article sur la situation actuelle. fin de ........................regne.............
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0 #3 jazy 2012-01-24 12:33
wade est non seulement fini, il va aller etre jugé comme un vulgaire criminel.
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0 #2 elzo 2012-01-24 11:43
a 90 ans poupe et saw rek.
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0 #1 wowo 2012-01-24 11:40
wade est fini. ca y est pour lui.
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