Source Sud Quotidien /
La création de nouvelles régions adoptée lors du conseil des ministres du 24 Mai 2007 suscite de nombreuses réactions liées notamment à leur découpage administratif. Ainsi, dans la nouvelle région de Kédougou, les ressortissants du village Nafadji n’ont pas fini d’exprimer leur colère après leur rêve avorté de voir leur localité érigée en chef-lieu d’arrondissement. Ils ont tenu hier un point de presse pour dénoncer la décision des autorités d’avoir porté leur choix sur le village de Bembou pour abriter la sous-préfecture de la localité au détriment de Nafadji, leur village, qui remplit, disent-ils, les meilleures conditions.
Laissés en rade dans le nouveau découpage administratif que les autorités du pays ont opéré dans le cadre de la régionalisation de Kédougou, les ressortissants du village de Nafadji, localité située au Sud-est de Kédougou (100 km) et frontalier avec le Mali et la Guinée-Conakry, sont montés hier au créneau pour dénoncer le décret consacrant le découpage administratif de la nouvelle région. En effet, les responsables de l’Association « Le Daboya », tous issus de Nafadji ont soutenu que « des informations officieuses font état de la signature d’un décret portant création des entités administratives (sous préfectures et communautaires), et il apparaît que le village de Nafadji (dont ils sont originaires) n’a pas été choisi pour abriter la sous-préfecture. C’est le village de Bembou qui présente, selon eux moins d’atouts, qui aurait été choisi pour abriter la nouvelle entité administrative locale ». Très en colères, les représentants des habitants de Nafadji, à leur tête Kémokho Danfakha rappellent que leur village polarise plus de 30 villages et hameaux avec une population estimée à 25.000 habitants. Aussi, ce village dispose-t-il autant d’infrastructures mises en place par l’Etat en partenariat avec les français. Il dispose également de ressources minières importantes, de société d’exploitation des gisements de fer, de cuivre ainsi que des potentialités agricoles. De par sa position géographique, le village constitue le point le plus stratégique du pays même si aucune mesure de sécurité n’est prise pour protéger les populations victimes quotidiennement d’attaques armées, de vols de bétails et d’autres menaces sur leur sécurité. Suffisant pour que les ressortissants de cette contrée mettent en garde les autorités pour que si les informations avancées sont confirmées, il risque d’y avoir une difficile cohabitation entre les habitants des deux villages, qui sont, par ailleurs, des frères de sang. Et aujourd’hui les populations ont les nerfs tendus et laissent augurer les prémices de troubles sociales dans la localité. « Autant nous saluons cette régionalisation autant nous constatons qu’il risque de provoquer un grand courroux si le découpage administratif annoncé est confirmé », ont encore laissé entendre les ressortissants du village de Nafadji qui soutiennent pourtant qu’ils n’ont rien contre les populations de Bembou. Ils jugent toutefois que cette décision peut avoir des soubassements politiques. Ce qui est sûr, concluent-ils, c’est que la volonté populaire pour que cette localité soit érigée en chef-lieu de sous-préfecture a été bafouée.
Par Cheikh Tidiane Mbengue
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