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Kédougou : corvées d'eau à Fongolimbi, Kéoh soulage en partie les communautés Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
24-07-2008

Boubacar Dembo Tamba / tambacounda.info

Le calvaire des populations de la communauté rurale de Fongolimbi en terme d’accès à l’eau potable était devenu indescriptible. Le caractère accidenté du relief de la contrée n’est pas pour faciliter les choses, mais est-ce une raison suffisante pour abandonner à elles-mêmes des femmes laborieuses qui font plus d’une demi-journée de collecte des eaux de pluie. L’association « KEOH », financée par la fondation hollandaise « RAIN » via « ACTIONAID » a pu mettre en œuvre dans quelques cinq villages un projet dit de Collecte des Eaux de Pluie (CEP), lequel projet permet aux communautés bénéficiaires de souffler ne serait ce que pendant trois à quatre mois.

kedougouPhoto: tambacounda.info "Des femme heureuse devant une citerne"

 

Les populations de la communauté rurale de Fongolimbi semblent laissées à elles-mêmes à plusieurs niveaux. Des projets et autres organismes peinent à y dérouler des activités de développement, ils avancent comme argument le difficile accès de la zone, sur les contreforts du Fouta Djallon. « L’eau y est et demeure un véritable casse-tête chinois vu la profondeur de la nappe » laissera entendre Mohamed Moustapha Sylla. Pour le manager général de l’association d’éducation populaire « Kéoh », « la cuirasse du Fouta Djallon y est pour quelque chose et c’est cela qui explique le fait que toutes les tentatives de mettre un puits par-ci ou un forage par-là ont échoué, malgré les nombreux millions engloutis ».

Sensibles aux souffrances des communautés, surtout des femmes qui font plus d’une demi journée à collecter des eaux de pluie, les responsables de Kéoh ont pu, grâce à leur partenariat avec Actionaid, décrocher un partenaire hollandais, « Rain », qui a voulu mettre la main à la pâte pour les soulager en partie. C’est ainsi que le projet dit de  Collecte des Eaux de Pluie (CEP) a vu le jour. Il consiste à construire des citernes de dix mètres cubes et des hangars pour faciliter et conserver les eaux de pluie car ce n’est pas ce qui manque dans la zone où l’on peut annuellement enregistrer près de 1500 mm d’eau.

Les villages de Fongolimbi, Toumania, Walankingui, Héro Fello et Niagalan en seront les heureux bénéficiaires. La mobilisation de la contrepartie en nature n’a pas posé beaucoup de problèmes. Des femmes se sont mobilisées pour apporter de l’eau, des collégiens pour des gravillons et des adultes pour faire les fondations. Le projet a également formé des maçons de la contrée pour la construction des citernes, l’Unité d’Apprentissage et de Production du lycée technique et minier de Kédougou a étalé l’étendue de son expertise en fabriquant les couvercles des citernes, les gouttières pour faciliter la collecte de l’eau ainsi que les accessoires de puisage. « Nous ne saurons remercier Kéoh et ses partenaires de nous avoir redonné goût à la vie. Avec ces citernes, nos femmes sont épargnées pendant les périodes les plus dures que sont les mois de mars, avril et mai, des incessantes et éprouvantes corvées d’eau » soulignera avec force le chef de village de Niagalan. Le problème, c’est que tous les villages et tous les ménages de la communauté rurale veulent en disposer mais, « il se pose un problème de moyens. Si d’autres partenaires sont venus se greffer à notre partenaire traditionnel, non seulement tous les ménages pourront disposer de citernes, mais ce sera des citernes beaucoup plus volumineuses qui pourraient collecter jusqu’à qu’à hauteur de trente à quarante mètres cubes d’eau » précisera Mr Sylla.

Des comités d’usagers sont mis en place et ce sont des structures d’animation et de sensibilisation autour des micros projets mis en œuvre dans les villages bénéficiaires. Un dispositif de suivi et d’entretien des quarante installations est aussi mis en place. Tous les regards sont maintenant tournés vers les pouvoirs publics pour sortir à jamais les populations de la communauté rurale de Fongolimbi de cette situation plus que douloureuse.

ked
Photo: tambacounda.info

Nouveau commentaires
Écrits par freemind Actif 2008-07-25 18:02:44
Ah bon!


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