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| La prostitution gagne du terrain à Kédougou |
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| 13-06-2008 | ||||||
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Par Assane Diallo / Tambacounda.info / Elles y sont de plus en plus nombreuses, de plus en plus jeunes, ces femmes entre 21 et 35 ans qui se prostituent clandestinement. La plupart d’entre elles sont des Guinéennes venues du Mali, de Labé, Mamou, Konakry, en République de Guinée Konakry. Certaines se disent venues uniquement pour faire du commerce de « thioup » ou de denrées, mais derrière ce commerce se cache un autre commerce, celui de la chair qui rapporte gros. D’autres, venues en vain chercher du travail finissent par établir leurs quartiers louant des chambres afin s’adonner à la prostitution moyennant quelques billets de banques. A Kedougou, dans chaque quartier, des bars ou clandos accueillent les activités de ces femmes.
![]() Kédougou recèle d'importantes réserves minières que les populations tardent à voir exploitées pour leur développement. Mais la prostitution clandestine prend une ampleur inquiétante dans la capitale de la terre des hommes. Beaucoup de jeunes filles et femmes, originaires de Guinée Konakry se lancent dans le plus vieux métier du monde sans être en règle (carnet sanitaire, visite médicale….). Elles vivent dans des maisons en location à bas prix et parviennent tant bien que mal à s’en sortir, trouvant assez de moyen pour se loger et manger. Certaines filles, soucieuses de ne pas être épinglées par la brigade gendarmerie de Kédougou ne sortent pas la nuit et préfèrent se terrer chez elles, recevant leurs clients sur un simple appel sur leur portable. Les campements touristiques, hôtels et autres auberges ne sont pas délaissés par ces prostituées clandestines qui y rejoignent leurs clients. Cette activité illicite peut rapporter gros à ces femmes qui, en une nuit avec le client, arrivent à gagner de 15.000 à 25.000 francs. Nul ne sait combien elles sont à exercer à la prostitution à Kedougou, poussée par le besoin d’argent. Les campements, hôtels, auberges : lieux de rendez vous Les campements poussent comme des champignons dans la terre des hommes. Pas moins de deux campements ou auberges y sont construits dans chaque quartier. La fille qui se déplace pour rejoindre son client dans un auberge ou campement gagne plus d’argent que quand elle reçoit le client chez elle. M.D, une jeune fille guinéenne âgée de 34 ans, s’est résolue à s’engager dans la prostitution pour assurer son autonomie financière. « Avec mes deux enfants que j’ai laissés en Guinée, je ne savais pas où donner de la tête pour les nourrir, les habiller et je n’ai plus espoir de rencontrer un homme pour le mariage. Finalement par le biais d’une amie, j’ai quitté la Guinée pour rejoindre Kédougou où vraiment je gagne bien ma vie, même sans emploi » raconte-t-elle avant de poursuivre que «pour se faire de l’argent vite et envoyer quelque chose à ma famille laissée en Guinée, je suis obligée d’aller racoler dans les campements touristiques à la recherche de clients pendant la saison. En une nuit avec un client, je peux gagner entre 15.000 à 25.000 francs Cfa. Je suis obligée de faire tout ce qu’il me demande et ce que bon lui semble. Même des fois passer la nuit avec lui, mais le prix double. Le lendemain j’ai de quoi manger, même envoyer une somme à mes parents ou bien épargner». La nuit, les activités sont grises et la bière coule à flots La nuit tombée, au « Black and White », une boite de nuit où se joue une musique trépidante, ou dans les bars de la ville comme l’« Africa » ou la « Calebasse» quantité de belles et jeunes filles s’adonnent à la prostitution et se mènent une concurrence folle pour attirer les clients. A Kédougou, il arrive qu’un quartier compte deux à trois bars ou clandos. Devenue une tradition chez certaines ethnies, la vente de boissons clandestines telles que béssou, soum soum, bandji, kana supplante presque les autres boissons dans cette localité. Elle est vendue moins chère que les bières de marque. Un litre de «soum soum» ou de «bandji» coûte 200 francs CFA, tandis qu’une bouteille de Flag coûte 800 francs FCA. Malgré la traque des hommes du commandant Assane Niang, de la brigade de gendarmerie de Kédougou, les vendeuses de cette boisson ne démordent pas. Ce qui fait dire à un de nos interlocuteurs que la terre des hommes regorge plus de bars que de mosquées. Une poudrière pour les IST/SIDA dans les zones aurifères Au plan sanitaire, cette ville carrefour reste un lieu à risque pour ce qui est des IST/SIDA. De l’avis de Dembo Sengoura, le tonitruant assistant du « Dougoutigui », des stratégies avancées de dépistage ont révélé pas mal de cas de VIH ou d’IST, de l’ordre de 7 % chez les 12 à 45 ans, dont le tiers environ des personnes infectées sont étrangères. Parmi lesquelles les prostituées clandestines, de nationalités étrangères pour la plupart. « Pour éviter l’explosion, nous sommes en collaboration avec le médecin-chef du district de Kédougou pour monter un programme afin de les ficher et de les inciter à prendre un carnet de santé » précisera-t-il. Quand ? Personne ne saurait le dire. En tous les cas, il y a sur ce plan plus qu’une urgence signalée. Les zones aurifères du département de Kédougou constituent des lieux de propagation et de développement du Vih/Sida, affirme une étude faite par Ibrahima Sory Diallo de l’Ong "La Lumière" basée à Tambacounda et présentée récemment au cours d’un atelier d’information sur la pandémie.
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