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Boubacar Dembo Tamba / tambacounda.info  Pour les chauffeurs de la gare routière dite « Kothiary », il est clair comme de l’eau de roche que leurs homologues maliens sont la cause de leurs misères et ils soutiennent voir ces derniers leur piquer toute la clientèle. La situation, disent-ils, est intenable et ils en appellent au concours des pouvoirs publics pour que chacun reste chez soi, pendant qu’il est encore temps.
Ce dimanche, les chauffeurs de la gare routière « Kothiary » l’ont mis à profit pour statuer sur leur sort. Ici, l’intime conviction de la quasi-totalité des experts du volant est que ce sont les Maliens qui leur ont tranquillement ôté le pain de la bouche. « Un taxi de sept places stationne durant cinq jours pour faire le plein, un mini car une semaine et seul Dieu sait le temps que met un car de trente places » explique le bouillant Ali Ndao, le président du regroupement des chauffeurs de ladite gare routière. Cette mésaventure, les chauffeurs de Tambacounda la mettent sur le compte de la concurrence déloyale que leur mènent leurs homologues maliens.
En effet, selon Mr Ndao, « les Maliens quittent avec leurs bus Bamako pour rallier Dakar, une fois en territoire sénégalais, ils prennent des clients en partance sur Tambacounda tout le long du trajet Kidira- Tambacounda. Comme notre gare routière n’a qu’une seule ligne, celle de Kidira, vous comprendrez aisément notre désarroi si les Maliens nous les prennent tous les jours que Dieu fait ». Le comble, de l’avis des chauffeurs sénégalais, « c’est que les Maliens se croient en terrain conquis. Ils ne payent aucun droit de stationnement et ils s’arrêtent où ils veulent pour prendre des passagers. Nous, nous ne pouvons et n’osons le faire au Mali sans coup férir » précise-t-on. La situation est devenue intenable, « nos ménages volent en éclats, nous ne pouvons plus assurer le minimum pour nos familles, tout cela au nom d’une prétendue intégration sous régionale. Nous le voulons bien, mais si nous ne pouvons pas bénéficier des mêmes avantages, que chacun reste chez soi » martèlera Ali Ndao à la suite duquel, Cheikh Diop, un chauffeur bon teint reconverti dans la vente de café, mettra sur la table son cas. Il dira ne plus réussir à trouver ce qu’il faut faute de client, et a, par voie de conséquence, décidé de changer de métier. D’ailleurs, les nombreux vendeurs et autres gargotières de la gare routière laisseront entendre qu’eux aussi sentent douloureusement cette situation, et tous implorent l’Esprit Absolu pour que prenne fin cette galère. Maintenant, ils attendent la réaction de la tutelle dans les meilleurs délais, sinon ils passeront à la vitesse supérieure, quelques puissent être les conséquences, « pas un seul véhicule de transport en commun malien ne franchira la frontière » avertit-on.
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