| Pratique | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
|
| Radios | |
|---|---|
|
| Qui est connecté ? |
|---|
| Il y a actuellement 23 invités en ligne |
|
Accueil
Société
Sol fertile, eau en abondance, végétation luxuriante : Salémata croque la vie à belle dents
Société
Sol fertile, eau en abondance, végétation luxuriante : Salémata croque la vie à belle dents | Sol fertile, eau en abondance, végétation luxuriante : Salémata croque la vie à belle dents |
|
|
|
| 19-08-2008 | ||||||
|
Source Le Soleil / Reportage de Sadibou MARONE, Babacar DIONE (Textes) et Abdoulaye MBODJ (Photos) L’arrondissement de Salémata est bien servi par la nature. Situé à quelques encablures du Parc de Niokolo Koba, il est arrosé par le fleuve Gambie et reçoit de fortes précipitations. Son sol est fertile. Ce qui fait de la localité une terre d’agriculture et d’élevage où se côtoient Bédiks, Peulhs, Malinkés. Un creuset culturel extraordinaire. ![]() Salémata croque la vie à belles dents DIBA, un chasseurmalinké s’y est établi en1819. Pour certainementbien vivre de sonmétier, car le hameau se trouve à quelques pas du Niokolo Koba, au coeur du Sénégal Oriental. Il y laisse son empreinte parce que le village va plus tard porter le nom de sa mère, Salémata. Ce hameau croit au fil des ans avec l’arrivée d’autres populations ont les Peulhs. Mais cette croissance n’entame pas le lien avec les ancêtres. Salémata garde toujours l’architecture d’un site traditionnel. Cette impression frappe le visiteur dès l’entrée du village. De grands fromagers, manguiers et autres arbres ceinturent et couvrent les habitations. La majeure partie des bâtisses est entièrement réalisée de briques de banco. Des piquets entreposés servent de clôture aux maisons. Malgré le marché hebdomadaire qui se tient tous les mardis, le village est loin des brouhahas habituels des grandes villes. Pourtant, visiblement il y a vie dans cette contrée. En attestent les échanges entre enfants devant certains domiciles à quelques mètres des regards des grands-mères. Les jeunes et les adultes sont dans les champs. L’ambiance semble être la même dans les résidences en dépit du fait que Salémata abrite 1.527 âmes. « En cette période, tout le monde va au champ », renseigne, notre guide. Mais, d’autres « montent la garde» à l’image de l’imam de la mosquée. Une case est au milieu de sa maison. Elle fait face à un grand manguier. Ce décor contraste avec l’intérieur de la chambre. Une natte en plastique est étalée à même le sol. Un luxueux lit en bois rouge est au milieu. Des chaises en bois sur les côtés. Le mur est traversé par les fils électriques. La coupure du courant et l’étroitesse de la porte d’entrée réduisent la visibilité. Mais cela ne semble pas gêner le maître des lieux, Alpha Sall, Imam de la mosquée de Salémata. Les « Haliwas » ainsi que les exemplaires du saint Coran au fonds de la chambre renseignent sur ses rapports avec la religion musulmane, même s’il montre une grande ouverture par rapport au monde moderne. Mais cette posture n’est pas étrangère à son cursus. Ancien pensionnaire de l’école de Saint-Louis, où il côtoie l’ancien président de la République du Sénégal, Abdou Diouf, l’homme manie avec éloquence la langue de Molière. Il est aussi au fait de l’actualité politico-sociale du Sénégal. « Mon père a construit la mosquée du village. À sa mort, il fallait lui trouver un remplaçant. C’est pourquoi j’ai quitté l’école pour assumer l’héritage », raconte-t-il. ![]() «On a frôlé le pire en 2003» La place prépondérante occupée par l’Islam n’implique pas l’absence des autres religions. Salémata dispose d’une mission catholique. Celle-ci entretient manifestement de bons rapports avec les villageois. Ses responsables sont regardants sur le vécu quotidien des populations. Notre visite a été précédée par une forte pluie qui a entraîné la chute de plusieurs poteaux électriques. Une situation que déplore une des soeurs de la mission qui est venue s’en ouvrir à l’autorité locale. « C’est une menace pour la sécurité des populations. Il faut impérativement faire quelque chose. On ne doit pas attendre la Senelec (la société nationale d’électricité), il faut essayer de mobiliser les gens pour soulever les poteaux afin de prémunir les gens contre des dégâts », demande-t-elle. Un reflex citoyen qui ouvre la voie à des explications sur l’approvisionnement en électricité du village. Salémata ne dispose de courant que 6 heures par jour. La présence de l’Etat est surtout matérialisée par l’existence d’un poste de Gendarmerie et d’un siège de la sous-Préfecture. Même si la paix sociale est préservée, les agents de l’Etat ne chôment pas. Salémata regroupant en son sein des agriculteurs et des éleveurs, la cohabitation n’est pas toujours des meilleures. Et souvent les conflits sociaux portent sur la divagation des troupeaux. « On a frôlé le pire en 2003. Des Guinéens ont massacré des animaux d’éleveurs peulhs, croyant qu’ils étaient entrés dans leur territoire. Mais des concertations avec les autorités locales guinéennes ont permis de situer les responsabilités et d’arrondir les angles », raconte le sous- Préfet Lamine Diallo Une médiation sociale qui réaffirme la présence de la République. Ces querelles entre éleveurs et agriculteurs sont apparemment insignifiantes devant les facteurs d’unité, de paix vivement chantés par les habitants. « Salémata est un creuset culturel extraordinaire », informe le sous-Préfet qui mentionne un important brassage ethnique. En effet, Peulhs, Malinkés, Bassaris et Bédiks s’y côtoient. Le « Nitch », une fête d’initiation bassari, est une grande richesse du point de vue culturel. Cette fête est le moment où les jeunes sont classifiés. Certains franchissent l’étape d’adolescence pour être des « hommes ». Cette manifestation regroupe chaque année des milliers de personnes, mais, se désole le sous-Préfet, ceux qui viennent sont plus les étrangers. Un fait que semble corriger les jeunes du terroir à travers la vie associative qui est en expansion à Salémata. « Les gens sont en train de bouger. Ils pensent de plus en plus à se réunir. C’est pour-quoi, il y a des associations de développement. Et à l’image de Dakar et des autres zones du Sénégal, les vacances sont dès fois des moments d’épanouissement et d’échanges entre les jeunes. Cela va sans doute continuer du fait que la frange alphabétisée se développe. En effet, Salémata dispose d’une école. La Première dame du Sénégal, Mme Viviane Wade, a construit deux autres établissements scolaires à Mitchou et à Kékéressi, des villages de l’arrondissement. Avec un sol fertile, Salémata est une grande zone agricole. Les principales productions sont le riz, le maïs et le fonio. Les rendements à l’hectare sont bons, à en croire, le chef du village, Diarga Souaré. Pourtant les agriculteurs font recours à des moyens rudimentaires pour exercer leurs activités. Dans les champs qui jouxtent la route qui mène vers l’intérieur du village, les moyens de production de luxe sont les ânes et les vaches. Ces deux espèces tirent les machines d’un bout à l’autre des champs, ne laissant aucune chance à l’herbe. Les chevaux sont absents de la zone. « Seules les espèces pouvant résister à la mouche tsé-tsé peuvent survivre ici. C’est pourquoi, on ne voit dans les champs que les ânes et les vaches », renseigne, un habitant. Des moyens modernes pourraient hausser la production. C’est pour cette raison que les habitants se désolent du manque de tracteurs. « Dans tout le département, il n’y a aucun tracteur. La traction bovine ne peut pas développer l’agriculture. Le sol est fertile, une modernisation des moyens de production pourrait faire de Salémata un des greniers du Sénégal », souligne, le chef de village. Hormis la fertilité des sols, Salémata est bien servi en eau. La saison des pluies y débute à partir du mois de mai. La zone a de nombreux bas-fonds pouvant assurer le développement des cultures hors saison. C’est pourquoi, Salémata réclame sa part de la Goana. Ses habitants pensent être mieux lotis que les autres contrées du Sénégal. Un sol fertile, de l’eau en abondance, une végétation luxuriante, etc. Les ressources humaines ? Nous devons compter sur nos bras, tout en étant ouvert aux autres », lance Kalidou Bâ. ![]() Route Kédougou-Salémata : Un joyau en latérite qui soulage les populations Salémata est sorti du bourbier avec la construction qui mène à Kédougou. Ouf de soulagement des populations. C’est une route en latérite. Elle dégage une poussière rouge, malgré les pluies tombées sur la localité 24 heures avant notre arrivée. La voie passe sur les collines. Les surmonter n’est pas sans danger à cause de l’absence de système pouvant permettre d’apercevoir si tôt un véhicule roulant en sens inverse. Certaines parties de la voie sont fendues par les pluies. Mais l’appréciation sur sa qualité varie selon les personnes. Si le visiteur déplore son état, les populations s’en félicitent. « La route nous a sortis d’un grand bourbier. Nous étions complètement enclavés. Il nous était impossible de nous déplacer pendant l’hivernage », indique l’Imam avec un brin de fierté. La situation était catastrophique en ce qui concerne les évacuations sanitaires, soulignet-il. L’accès était impossible pendant l’hivernage. « Les populations n’oublieront jamais ce geste du gouvernement » Le chef de village ajoute : « maintenant, nous nous sentons vraiment sénégalais. Nous n’avons plus rien à envier aux autres localités. Salémata est sorti de l’ornière ». La remarque est identique chez d’autres habitants de Salémata. La construction de la route a fait naître beaucoup d’espoir. Mais le village attend encore de l’Etat le renforcement de la localité en infrastructures. « Il faut augmenter le nombre d’écoles. Beaucoup d’écoles fonctionnent avec des abris provisoires. L’Etat doit également y construire un second collège », indique le sous-Préfet. Cela va accompagner les efforts entrepris à savoir surtout la création d’une boutique scolaire qui offre aux élèves du département des fournitures scolaires aux prix affichés à Dakar. Des nouvelles infrastructures sont indispensables avec le nouveau statut de Salémata devenu département avec le nouveau découpage administratif érigeant Kédougou en région. Selon l’Imam, ce choix a créé un autre enthousiasme, car les populations ne s’attendaient pas à ce que Salémata soit érigé en chef-lieu de département. ![]()
Powered by !JoomlaComment 3.26
3.26 Copyright (C) 2008 Compojoom.com / Copyright (C) 2007 Alain Georgette / Copyright (C) 2006 Frantisek Hliva. All rights reserved." |
||||||
| < Précédent | Suivant > |
|---|













