KEDOUGOU – Après l’incinération de leurs outils de travail : Les orpailleurs de Niéméniké réclament justice

 

Les agents du Parc national Niokolo Koba ont brulé une cinquantaine de groupes électrogènes et détruit plusieurs autres matériels d’orpailleurs du village de Niéméniké-Badon, lors d’une patrouille effectuée dans la zone, samedi dernier. Les populations se sont soulevées et exigent la réparation du préjudice qui leur a été causé.

Les populations de Niémé­niké-Badon, dans la commune de Tomboronkoto, sont très en verve contre les agents du Parc national Niokolo Koba. Cela fait suite au saccage et à l’incinération d’une cinquantaine de groupes électrogènes et matériels qu’ils utilisent dans la recherche. Face à la presse, ces dernières n’y sont pas allées avec le dos de la cuillère pour exprimer leur mécontentement face au comportement jugé «irréfléchis» de ces agents. «L’or nous entoure et on ne peut pas en bénéficier», a pesté Mamadou Manga Diallo, porte-parole des habitants. Et de poursuivre en dénonciation : «Les agents du parc sont venus tout détruire et mettre le feu.» Toujours dans son propos, il confie : «Ils ont tout brulé. Rien n’a été épargné au passage. On ne sait plus à quel saint se vouer.» Ces derniers de se plaindre contre le fait que les jeunes de leur localité ne soient pas employés par la société minière Pettowol Maining Company (Pmc). Et le sieur d’assener avec force : «Nous n’avons pas droit aux ressources naturelles que Dieu nous a données, nous n’avons pas d’emploi. Nous sommes très fatigués.» «On veut que justice soit faite le plus rapidement possible pour la restitution de nos biens», réclame Mamadou Manga Diallo.

Le conflit, qui oppose les habitants de cette localité et les agents du parc, ne date pas d’aujourd’hui. Il remonte à 1975. Aujourd’hui, avec la course effrénée vers l’or, il commence à prendre des proportions inquiétantes. Informé de la vive tension, le sous-préfet de Bandafassi n’a pas tardé à débarquer sur les lieux. Il a essayé d’apaiser la tension avant que la situation ne dégénère et prenne une situation incontrôlable. M. Thiandoum dira : «J’ai été dans une activité à Tambacounda dans le cadre de la gestion du parc. J’ai pris la ferme mesure d’éradiquer l’exploitation de l’or qui se fait jusque dans le parc. C’est un fléau qu’il faut endiguer.» Le sous-préfet de Bandafassi d’expliquer que «c’est pourquoi, les agents du parc ont effectué une patrouille à Badon et à l’autre borne de Tamba­noumouya». Il concède cependant que les populations ne peuvent pas connaitre les limites réelles du parc. Il a demandé la délimitation de façon systématique du parc afin de pouvoir cerner les populations. Selon lui, ces dernières s’adonnent à une exploitation «clandestine».

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