Le Liberia menacé par une flambée des cas d’Ebola

 

 

La croissance des nouveaux cas touchés par Ebola pourrait être «exponentielle», avertit l’OMS ce lundi 8 septembre.

Alors que l’épidémie a déjà fait plus de 2000 morts depuis le début de l’année au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée, le pire pourrait être encore à venir. «Plusieurs milliers de nouveaux cas d’Ebola sont attendus dans les trois prochaines semaines au Liberia», le pays le plus touché, a affirmé l’OMS depuis Genève.

L’organisation a dit s’attendre à une «croissance exponentielle» dans les pays où il y a une transmission intense du virus.

Selon le bilan de l’organisation en date du 5 septembre, près de 4000 personnes ont déjà été infectées, dont 2097 sont mortes dans les trois pays les plus touchés. Des décès ont été aussi recensés au Nigeria, la première puissance économique du continent, et une infection a été confirmée au Sénégal.

Signe de l’inquiétude internationale: deux jours après le déblocage par l’Union européenne de 140 millions d’euros, le président américain Barack Obama a annoncé dimanche que les Etats-Unis allaient mobiliser leurs moyens militaires pour aider à lutter contre une épidémie «hors de contrôle».

Stratégie africaine

L’Union africaine (UA) s’est elle aussi impliquée: elle s’est réunie lundi à Addis Abeba pour définir une stratégie africaine contre l’épidémie. Il a été «décidé d’exhorter tous les pays membres à lever toutes les interdictions de voyage, afin que les gens puissent se déplacer entre pays et faire du commerce et afin de favoriser les activités économiques», a déclaré la présidente de la Commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma.

«Cela doit être fait d’urgence», a-t-elle souligné à l’issue de cette réunion d’une journée. «Si les interdictions de voyage (doivent) être levées, des mécanismes de surveillance adéquats (doivent) être mis en place, aux points de départ des citoyens et aux points d’entrée», a-t-elle ajouté.

Appel de multinationales

Plusieurs pays limitrophes ont fermé leurs frontières avec les pays touchés, des Etats ont interdit l’entrée sur leur territoire aux voyageurs venant de ces pays et de nombreuses compagnies aériennes ont suspendu leurs liaisons avec les zones où sévit l’épidémie.

Mais ces mesures de précaution ne font qu’étrangler un peu plus ces pays déjà fragiles et compliquent beaucoup l’action humanitaire. Onze groupes internationaux présents en Afrique de l’Ouest, parmi lesquels le géant de l’acier ArcelorMittal, ont d’ailleurs appelé lundi à lever «toute restriction aux voyages».

Jugeant qu’un «plus gros effort concerté à l’échelle mondiale est nécessaire», ils ont appelé à «la création immédiate de couloirs humanitaires et économiques vers les pays touchés», dans un communiqué. Le Sénégal, qui avait fermé ses frontières le 21 août, a décidé lundi de créer un tel «corridor humanitaire».

Besoins d’investissements

Carlos Lopes, secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, a de son côté estimé que l’épidémie allait coûter «plusieurs points de PIB» à la Guinée, la Sierra Leone et au Liberia, des pays parmi les plus pauvres du monde.

On ne peut s’attaquer à Ebola qu’avec des investissements massifs», a-t-il insisté, alors que Mme Dlamini-Zuma a simplement indiqué que des pays avaient accepté de fournir des fonds ou du personnel, mais n’a évoqué aucun chiffre.

L’ONU estime que 600 millions de dollars sont nécessaires immédiatement pour faire face à l’épidémie, que la communauté internationale est accusée d’avoir considérablement traîné à prendre au sérieux. Fin août, l’OMS a annoncé un plan de 100 millions de dollars.

Mustapha Kaloko, Commissaire de l’UA aux Affaires sociales, a annoncé la mise sur pied d’une mission africaine d’aide contre l’épidémie en Afrique de l’Ouest. Elle sera composée de «100 membres du personnel médical» qui effectueront des rotations d’un mois par groupes d’une vingtaine de personnes.

(ats/Newsnet)