ERUPTION: Des secousses suspendent les recherches au Japon

 

Les secours devaient reprendre mardi 30 septembre au pied du mont japonais Ontake entré en éruption samedi. Les sauveteurs se sont toutefois arrêtés au bout de quelques dizaines de minutes à cause de tremblements volcaniques, rapportent les autorités.

«Les recherches terrestres ont recommencé à 06h20 (lundi 23h20 heure suisse) mais ont été suspendues à 07h05 en raison de trépidations», a expliqué un responsable de la préfecture de Nagano. «Les sauveteurs (plusieurs centaines) patientent sur la montagne et sont prêts à éventuellement être évacués», a ajouté un porte-parole de la police municipale.

«Une décision devrait être prise sous peu sur la possibilité de reprendre ou non», selon la préfecture. «Les conditions de travail sont mauvaises pour les hommes et hélicoptères», a confirmé un journaliste de TV Asahi.

Les images des télévisions montraient de très importants nuages de vapeur et fumées cendrées mêlées de gaz toxiques, dont l’ampleur a augmenté depuis lundi. «Il faut éviter une catastrophe secondaire», soulignent les autorités, car, même si ce n’est pas toujours le cas, une recrudescence de secousses peut être un signe avant-coureur d’une nouvelle explosion, rappelle l’agence de météo.

Centaines de disparus

Selon elle, les tremblements volcaniques qui avaient diminué depuis samedi ont repris dans la nuit. Ils ont connu une pause un peu après 6 heures (lundi 23h00 heure suisse) quand les équipes sont parties, mais ont redoublé ensuite, forçant les sauveteurs à renoncer à œuvrer pour le moment.

Entre samedi, jour de l’éruption, et lundi, les centaines de soldats, pompiers et policiers dépêchés sur le terrain ont découvert 36 personnes en état d’arrêt cardiaque. Quelque 300 randonneurs étaient alors sur le chemin menant au sommet du mont Ontake qui culmine à 3067 mètres entre les préfectures centrales de Nagano et Gifu.

Seuls 12 corps ont pu être redescendus. «On voulait transporter tout le monde hier, mais on n’a pas pu, c’est vraiment très frustrant», a expliqué à la télévision un soldat. Quelque 69 personnes ont par ailleurs été blessées.

Les familles des disparus veillent au pied de la montagne, tout espoir perdu, selon les témoignages. La préfecture a appelé les habitants à ne pas approcher du volcan, dont l’accès avait été immédiatement restreint, et à porter des masques dans le périmètre concerné, qui pourrait s’élargir en fonction des vents.

Site touristique

Pour le moment, il n’y a pas eu de projections de lave, mais cela pourrait arriver, a mis en garde un expert universitaire interrogé par la chaîne publique NHK. La dernière éruption majeure du Mont Ontake remonte à 1979, lorsque le volcan avait craché plus de 200’000 tonnes de cendres, selon les médias locaux.

Il n’avait alors pas fait de victimes, car c’était en octobre et la saison des randonnées était terminée. Il y a trois jours par contre, tous les facteurs se sont conjugués pour amplifier le drame: très belle journée d’automne ensoleillée («akibare»), un samedi, jour de congé pour beaucoup.

«Le mont Ontake est un important site touristique pour les Japonais, qui le connaissent aussi à travers une chanson que tout le monde peut entonner», témoigne un sexagénaire habitant à Tokyo.

(ats/Newsnet)