ROYAUME-UNI Londres veut dépister Ebola dans des lieux publics

 

L’inquiétude face à Ebola ne cesse d’enfler. Alors que l’aide-soignante espagnole hospitalisée depuis lundi est en «danger grave» de mort, de nouveaux cas ont été détectés ce jeudi 9 octobre en Allemagne et en Macédoine. Et le Royaume-Uni va introduire un dépistage renforcé des voyageurs.

Dans les aéroports

Il va dans un premier temps concerner les arrivants du Libéria, de Sierra Leone et Guinée dans les aéroports de Heathrow et Gatwick et les terminaux Eurostar. Sous la forme éventuellement d’un contrôle médical, il s’agira d’interroger les passagers sur leurs voyages récents, les personnes avec lesquelles ils ont été en contact et la suite de leur voyage, a précisé le porte-parole de Downing Street.

Des mesures similaires ont été prises mercredi aux Etats-Unis, où le premier patient diagnostiqué sur le sol américain a succombé à l’hôpital de Dallas.

L’UE touchée

Les Européens vont quant à eux discuter le 17 octobre d’un éventuel renforcement des contrôles, a annoncé la Commission européenne. Ce alors qu’en Macédoine, un ressortissant britannique présentant les symptômes de la maladie a succombé, ont confirmé les autorités sanitaires du petit pays des Balkans.

Et un Soudanais employé de l’Onu et contaminé est arrivé à Leipzig (est) jeudi matin en provenance du Liberia, ont indiqué les autorités locales, ce qui porte à trois le nombre de patients soignés en Allemagne.

Danger de mort et «relâchement»

Pendant ce temps, l’aide-soignante espagnole hospitalisée à Madrid depuis lundi est en «danger grave» de mort, a affirmé le président de la région de Madrid Ignacio Gonzalez, devant l’assemblée régionale. Hospitalisée au sixième étage de l’hôpital Carlos III à Madrid, Teresa Romero est la première personne contaminée hors d’Afrique.

Dans la matinée, de nouvelles révélations sur le manque de préparation espagnole ont renforcé les craintes sur la découverte de nouveaux cas. Un urgentiste de 41 ans a ainsi porté assistance à Mme Romero sans protection suffisante, avant d’apprendre par la presse qu’un test mené dans un laboratoire spécialisé l’avait révélée positive au virus Ebola, selon deux journaux.

D’après la presse espagnole, Madrid aurait admis auprès de l’Union européenne un «relâchement», notamment dans la manipulation des cadavres et l’élimination des déchets.

Saturation

Selon des statistiques arrêtées au 5 octobre, Ebola a fait au moins 3865 morts, précise l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui a légèrement corrigé son bilan diffusé la veille.

A Conakry (Guinée), le centre de traitement de Médecins sans frontières (MSF) approche de la «saturation» en raison d’une récente «flambée» des cas en Guinée, y compris dans la capitale, s’est alarmée l’ONG dans un communiqué.

Un cri d’alarme relayé par le président de la Sierra Leone Ernest Bai Koroma, pour qui la «réponse internationale a été, pour le moment, plus lente que le rythme de transmission de la maladie».

Aide à multiplier «par 20»

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a estimé qu’il faut multiplier par 20 l’aide actuelle pour espérer enrayer la maladie. Et la directrice du FMI Christine Lagarde a même admis – chose rare – qu’il faut «augmenter les déficits pour soigner les gens».

Le virus semble apparaître aussi au Zimbabwe, où les autorités sanitaires de la capitale ont ordonné la fermeture d’un hôpital à Harare pour isoler un patient soumis à un test, a déclaré un haut responsable de la santé.

Quarantaines en Suisse

En Suisse, plusieurs personnes qui pourraient avoir été contaminées sont actuellement en quarantaine, a indiqué mercredi soir dans l’émission «10vor10» de la télévision publique alémanique Daniel Koch, responsable de la division maladies transmissibles à l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Il a évoqué «très peu de cas».

M. Koch part du principe que tôt ou tard, le pays sera confronté à un cas confirmé. La maladie ne devrait néanmoins concerner que des personnes potentiellement exposées, par exemple des travailleurs humanitaires rapatriés en Suisse ou des requérants d’asile fraîchement arrivés. «Nous sommes prêts à agir», a assuré le responsable de l’OFSP.(ats/Newsnet)