YÉMEN: Un attentat-suicide à Sanaa fait plus de quarante victimes

 

Un attentat-suicide a fait au moins 42 morts jeudi à Sanaa, ont déclaré des sources médicales et des témoins. L’attaque a été menée sur la place Tahrir, au centre de la capitale yéménite, au lendemain de la démission de l’éphémère Premier ministre Ahmed Aouad bin Moubarak.

Sanaa est contrôlée par les combattants d’Ansarullah depuis le 21 septembre. Ces rebelles chiites, dits Houthis, appartiennent à la rébellion zaïdite en guerre depuis 2004 contre l’Etat. Ils refusent de se retirer de la capitale malgré la signature d’un accord avec le président Abd-Rabbou Mansour Hadi prévoyant qu’ils participent au gouvernement.

Ceinture d’explosifs

Des sources médicales ont fait savoir que plusieurs enfants figurent parmi les victimes. Le bilan pourrait s’alourdir, certains des blessés ayant été transportés à l’hôpital dans un état grave.

Un policier chargé de la protection d’une agence bancaire proche de la place Tahrir a raconté qu’un homme, portant apparemment une ceinture d’explosifs, s’était approché d’un barrage tenu par des combattants Houthis. «Il s’est ensuite fait exploser au milieu du personnel de sécurité (houthi) et des simples passants», a-t-il déclaré à Reuters.

Un attentat à la voiture piégée et une attaque armée ont en outre été menés contre une base militaire près de Moukalla, dans le sud-est du pays, tuant au moins 20 soldats, selon l’agence de presse officielle Saba.

Premier ministre rejeté par les chiites

L’attentat perpétré dans la capitale a eu lieu quelques heures après la démission du Premier ministre Ahmed Aouad bin Moubarak. La milice chiite des Houthis avait appelé à manifester contre sa nomination.

Le nouveau chef du gouvernement a annoncé sa décision sur Facebook 33 heures après l’annonce de sa nomination par le président Abd-Rabbou Mansour Hadi.

Les attaques n’ont pas été revendiquées mais elles semblent porter la marque d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa). Le groupe avait averti qu’il mènerait une guerre sans merci contre les rebelles.

Issu de la fusion en janvier 2009 des branches saoudienne et yéménite d’Al-Qaïda, Aqpa a profité de l’affaiblissement du pouvoir central en 2011, à la faveur de l’insurrection populaire contre l’ancien président Ali Abdallah Saleh, pour renforcer son emprise dans le pays.

Mercredi, dix policiers avaient été tués dans une série d’attaques, dont un attentat-suicide, ayant visé des positions des forces de sécurité dans la ville de Baïda (centre).(ats/Newsnet)