Des milliers d’Américains ont manifesté à New York mais aussi, et dans une moindre mesure, à Chicago, Boston, Philadelphie, Baltimore ou encore Washington, ce quelques heures après la mort d’un homme noir non armé tué par un policier blanc en Arizona.
Tous les manifestants ont dénoncé les violences policières dont sont victimes les Noirs et l’impunité dont bénéficient certains policiers.
La tension est montée d’un cran en fin de soirée quand 3000 personnes sont arrivées à Times Square (New York) en scandant «Qui protégez-vous ?» à l’adresse des policiers qui tentaient de leur faire quitter la chaussée. L’ambiance de cette foule multiethnique est restée plutôt pacifique.
Alors que le cortège grossissait, la police a dû fermer le principal tunnel reliant Manhattan au New Jersey, les télévisions montrant des milliers de manifestants massés dans l’ouest de Manhattan. La police new-yorkaise a précisé ce vendredi 5 décembre que plus de 200 arrestations avaient été faites pour troubles à l’ordre public. La veille, la police avait déjà procédé à quelque 83 arrestations.
Nouveau cas en Arizona
Jeudi, la police de Phoenix a indiqué qu’un homme de 34 ans avait été interpellé alors qu’il était soupçonné de vendre de la drogue. Il aurait tenté de s’échapper et a refusé d’obéir «à plusieurs ordres» du policier, âgé lui de 30 ans et qui avait sept ans d’expérience.
«Une lutte» a eu lieu entre les deux hommes tandis que l’agent tentait de l’arrêter. Alors que le suspect a mis sa main dans sa poche, le policier tenait sa main et lui a ordonné de garder sa main enfouie. Mais le pandore a «cru sentir la crosse d’un revolver» et «a tiré deux fois dans le torse» de la victime.
Ce dernier a été déclaré mort sur place peu après l’arrivée des pompiers et des renforts de police. La poche de l’afro-américain contenait en réalité une boîte de pilules d’oxycodone, un analgésique puissant parfois consommé comme drogue récréative.
Version contestée
Une avocate représentant la famille de la victime a déclaré qu’il y avait «plusieurs témoins qui contestent la version des policiers». «Il n’avait pas d’arme et ne menaçait personne. Nous envisageons toutes les suites possibles au regard de la loi», a-t-elle ajouté.
L’incident s’est produit alors que l’Amérique reste traumatisée par la mort de deux hommes noirs sans armes, l’un à Ferguson, dans le Missouri, et l’autre à New York, tués par des policiers blancs qui ont échappé jusqu’ici à toutes poursuites.
Rapport accablant à Cleveland
Malgré les refus de grands jurys de les poursuivre, les policiers de Ferguson et de New York ne sont pas à l’abri d’autres inculpations. Le ministre américain de la Justice, Eric Holder, a en effet ouvert deux enquêtes fédérales pour déterminer si les droits civiques des victimes avaient été violés.
Le ministre a aussi présenté les conclusions d’une enquête accablantes pour la police dans une autre affaire à Cleveland dans l’Ohio, où un enfant noir de 12 ans a été tué par un policier le 22 novembre dernier.
La police de Cleveland a fait un usage «excessif» de la force par le passé, selon Eric Holder. Le garçon a été abattu alors qu’il manipulait une arme factice dans une aire de jeux. Dans une vidéo compromettante, le policier tire sur lui quelques secondes seulement après être sorti de sa voiture.
(ats/Newsnet)



