La capitale afghane est le théâtre d’une recrudescence des attaques à quelques jours du retrait de l’essentiel des forces de l’OTAN.
«Un kamikaze à pied s’est fait exploser au passage d’un autobus de l’armée dans le quartier de Tangi Tarakhil», a déclaré ce jeudi 11 décembre le général Farid Afzali, un haut responsable de la police locale. Il a précisé que six soldats avaient perdu la vie et qu’une dizaine d’autres avaient été blessés. Le ministère de la Défense a confirmé ce bilan.
Dans un bref message envoyé à de nombreux journalistes, les talibans ont revendiqué cet attentat contre des soldats qui intervient à un peu plus de deux semaines de la fin de la mission de combat de l’Otan en Afghanistan et au surlendemain de la publication d’un rapport du Sénat américain sur la torture pratiquée par des agents de la CIA dans la foulée du 11 Septembre.
Au cours des dernières semaines, les attentats sanglants se sont multipliés à travers l’Afghanistan, notamment à Kaboul. Fin novembre, les talibans avaient même lancé une attaque contre une résidence occupée par une famille sud-africaine établie depuis douze ans dans le pays, dont le père travaillait pour une organisation active dans l’éducation et la mère dans un centre médical.
Le père Werner Groenewald, 46 ans, son fils Jean-Pierre, 17 ans, et sa fille Rode, 15 ans, ainsi qu’un Afghan ont été tués dans cette attaque, alors que son épouse, Hannelie, a survécu.
Refus d’un dialogue
Dans l’espoir de stabiliser le pays au moment où l’Otan réduit la voilure, le nouveau président Ashraf Ghani, qui a d’ailleurs vivement dénoncé mercredi la torture par les agents du renseignement américain, a appelé les talibans à des négociations. Mais ceux-ci refusent pour l’heure de dialoguer directement avec Kaboul.
L’essentiel des forces de l’Otan, qui ont compté jusqu’à 130’000 soldats en 2010, doivent finir de plier bagages d’ici la fin du mois.
Au premier janvier, la mission de combat cédera sa place à «Soutien Résolu», une mission d’assistance et de formation de l’armée et de la police afghanes. Elle sera en première ligne des combats contre les rebelles talibans, qui ciblent les militaires pour affaiblir l’armée locale et décourager les vocations militaires au sein de la population.
(ats/Newsnet)



