L’accord sur des réacteurs nucléaires russes illustre la volonté des deux dirigeants de raviver une vieille amitié qui s’est estompée avec le temps.
La visite d’une journée de Vladimir Poutine intervient alors que la Russie est confrontée aux sanctions occidentales et que son économie ressent durement l’effet de la baisse des cours pétroliers, tombés ces dernières semaines à des plus bas de cinq ans.
La question ukrainienne s’est d’ailleurs invitée dans la visite du chef d’Etat russe. Ce dernier comptait en effet dans sa délégation Sergueï Aksionov, Premier ministre de Crimée, la province ukrainienne annexée en mars par Moscou.
Si l’Inde n’a pas apporté son soutien aux sanctions infligées à la Russie par les pays occidentaux, sa présence dans la délégation russe risque de provoquer une certaine irritation à la Maison-Blanche alors que Barack Obama se rend le mois prochain en Inde.
Livraison de pétrole
Les deux pays devaient conclure d’autres accords, dans les domaines de l’exploration et de la fourniture de pétrole, dans les équipements ou encore dans l’intensification de la livraison à l’Inde de diamants russes.
Igor Setchine, président du groupe russe Rosneft, a précisé que plusieurs contrats pétroliers et gaziers ont été conclus avec des entreprises indiennes, l’un d’entre eux porte sur la livraison de 10 millions de tonnes de pétrole sur dix ans au conglomérat indien Essar. Il pourrait prendre effet dès 2015.
Le Fonds russe d’investissement (RDIF) et l’indien IDFC ont de leur côté décidé d’investir un milliard de dollars (810 millions d’euros) dans des projets d’infrastructures portuaires, de routes à péage et d’hydroélectricité.
Il est également prévu que les deux pays cherchent à faire avancer des projets de développement d’avions de chasse de cinquième génération et d’appareils de transports de troupes.
Modernisation de l’armée
Les deux pays se sont entendus sur la construction en Inde de 400 hélicoptères chaque année. Le vice-Premier ministre Dmitri Rogozine a précisé que l’accord portait sur des Ka-226T, un modèle d’hélicoptère construit par Russian Helicopters pouvant être utilisé dans les opérations de sauvetage dans les régions montagneuses.
«Même si le choix de l’Inde est désormais plus large, la Russie reste notre premier partenaire sur le plan de la défense», a déclaré Narendra Modi à des journalistes.
Depuis la fin de la Guerre froide, New Delhi s’est peu à peu tourné vers d’autres exportateurs d’armes, comme les Etats-Unis ou Israël afin de moderniser son armée.
(ats/Newsnet)



