ETATS-UNIS: Le rapport sur la torture «plein de conneries», selon Dick Cheney

L’ancien vice-président américain Dick Cheney a affirmé mercredi que le rapport dévoilé par le Sénat la veille sur l’utilisation de la torture par la CIA dans ses interrogatoires de terroristes présumés était «plein de conneries».

«Je pense que ce rapport est déplorable. Il me semble très imparfait», a déclaré sur la chaîne Fox News M. Cheney, en poste sous l’ère George W. Bush entre 2001 et 2009, à l’époque où ont été perpétrés les interrogatoires musclés de terroristes présumés par la CIA.

Le rapport accablant rendu public mardi par le Sénat affirme que la torture menée par la CIA contre les terroristes présumés n’avait permis de récupérer aucune information valable. La commission du Renseignement du Sénat a aussi mis en lumière les mensonges de l’agence du renseignement vis à vis du Congrès et de la Maison Blanche.

G.W.Bush connaissait les détails

«Ce rapport est plein de conneries, excusez-moi», a affirmé Dick Cheney, très sûr de lui. «Ils n’ont pas pris la peine d’interroger les personnes clés impliquées dans ce programme», a-t-il ajouté, affirmant que le président George W. Bush était partie intégrante du programme et connaissait la plupart des détails.

«Qu’étions-nous supposer faire (avec Khaled Cheikh Mohammed, le cerveau présumé du 11-Septembre) ? L’embrasser sur les deux joues et lui demander:+S’il vous plaît, s’il vous plaît, dîtes-nous ce que vous savez+ ? Bien sûr que non», a repris M. Cheney.

«Nous avons fait exactement ce que nous devions faire pour mettre la main sur ceux qui avaient préparé le 11-Septembre, et pour empêcher d’autres attentats. Nous avons rempli ces deux missions», a encore affirmé le numéro deux de l’administration Bush.

Le monde scandalisé

Les appels se sont multipliés mercredi aux Etats-Unis et dans le monde pour réclamer des poursuites judiciaires sur l’usage de la torture par la CIA, un dossier que l’administration Obama semble cependant considérer comme clos.

Au moment même où les Américains découvraient le rapport accablant du Sénat sur la brutalité des interrogatoires de dizaines de détenus dans des prisons de la CIA, le ministère de la Justice a d’emblée prévenu que le dossier ne serait pas rouvert.

Un responsable du ministère, sous couvert d’anonymat, a indiqué qu’aucune information nouvelle” n’avait été trouvée dans le rapport publié mardi, depuis une enquête approfondie menée en 2009. Nous nous tenons à notre première décision de ne pas engager de poursuites pénales, a-t-il déclaré.

Pourtant, les détails du rapport de la Commission du renseignement du Sénat, qui décrit comment des détenus ont été attachés pendant des jours dans le noir, projetés contre les murs, plongés dans des bains glacés, privés de sommeil, ou alimentés de force par voie rectale, ont suscité des réactions scandalisées à travers le monde.

(cht/afp/Newsnet)