Les pêcheurs du village de Gouloumbou attendent avec impatience la réception des deux pirogues motorisées acquises par le ministère de l’Environnement pour leur permettre de pêcher dans le fleuve, tout en étant à l’abri des attaques d’hippopotames qui avaient dissuadé beaucoup d’entre eux à prendre le large à bord de leurs embarcations de fabrication artisanale.
‘’Je voudrais rappeler au ministre les actions réalisées là-bas (par le ministre Mor Ngom) attendent une continuité, parce que les pirogues qu’on nous avait envoyées, sont toujours déposées sur place et jusqu’ici les pêcheurs qui en étaient les destinataires ne les ont pas reçues’’, a indiqué à des journalistes le responsable des jeunes de Gouloumbou, Yérim Diop.
Ce matériel accompagné de deux motopompes destinées à la pisciculture est déposé au service des eaux et forêts de Gouloumbou, depuis son arrivée, a dit M. Diop.
L’ancien ministre de l’Environnement et du Développement durable, Mor Ngom, s’était rendu en mai dernier à Gouloumbou au lendemain d’une marche organisée par des habitants de cette localité, pour inviter les autorités à leur trouver des solutions aux attaques des hippopotames, ayant causé la mort d’une vingtaine de personnes sur le fleuve Gambie depuis 2003.
M. Ngom avait promis au terme de discussions avec les responsables, “des mesures d’accompagnement” incluant la mise en place d’”un comité multipartite de surveillance, le développement d’activités économiques alternatives et l’appui à l’équipement des pêcheurs”.
L’une des solutions proposées était de développer la pisciculture à Gouloumbou, à travers des mares empoissonnées. Il s’était aussi engagé à doter les pêcheurs de “deux à trois pirogues motorisées”, des engins présentant l’avantage de provoquer la frayeur et l’éloignement des hippopotames, par le bruit de leur moteur.
‘’Cette année, on craint que la situation ne soit catastrophique du fait que le niveau de l’eau du fleuve est descendu très tôt, se situant déjà à son niveau de mars-avril’’, en raison de la faible pluviométrie de cette année, s’est alarmé Yérim Diop.
Les périodes de baisse de niveau du fleuve sont les moments choisis par les hippopotames, pour suivre le cours d’eau jusqu’à Gouloumbou, a-t-il poursuivi, signalant que ‘’ces temps-ci, il traîne là-bas et il ne se passe pas une semaine sans qu’il n’apparaisse dans le fleuve’’.
‘’Je demande à Bibi Baldé (ministre de l’Environnement) de prendre la responsabilité de venir les (les pirogues) remettre aux pêcheurs’’, a réitéré le jeune leader, qui indique avoir saisi aussi bien le préfet de Tambacounda que le responsable de l’environnement à ce propos.
Face à la réapparition des hippopotames, certains pêcheurs se rendent en Guinée-Bissau ou en Mauritanie pour continuer à exercer leur métier, tandis que d’autres se sont reconvertis dans le maraîchage, a dit Yérim Diop. Pour lui, la situation actuelle des pêcheurs de Gouloumbou constitue une ‘’urgence’’, parce que cette activité est leur gagne-pain.
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