AUSTRALIE: Cinq otages sortent sains et saufs du café Lindt

La prise d’otages de lundi 15 décembre au Lindt Café a frappé Sydney en plein cœur. La Martin Place, où se situe la filiale de l’établissement helvétique, la plus grande ville du pays, a été évacuée par les autorités tandis que des centaines de policiers armés, dont des commandos d’élite, encerclaient le Lindt Chocolat Cafe.

Le preneur d’otages a fait brandir un drapeau noir sur lequel est inscrite la profession de foi musulmane – «il n’y a de dieu que Dieu et Mahomet est son prophète».

Plusieurs sites Internet annonçaient que le forcené a été identifié, mais aucune information n’a encore filtré à ce sujet à la demande des autorités. D’après des médias australiens, l’homme exigerait de s’entretenir directement avec le Premier ministre, Tony Abbott. Andrew Scipione, le chef de la police de Nouvelle-Galles du Sud, a indiqué que l’affaire s’orientait sur un «événement terroriste».

Prise d’otages condamnée

Plus de 40 organisations musulmanes australiennes ont condamné la prise d’otages et le «détournement» de cette profession de foi par des «individus qui ne représentent qu’eux-mêmes».

L’Australie, engagée aux côtés des Etats-Unis dans la lutte contre l’organisation Etat islamique (EI), a relevé en septembre son niveau d’alerte face à la menace terroriste représentée notamment par les combattants djihadistes australiens de retour d’Irak et de Syrie.

Quinze otages au moins

La prise d’otage a débuté vers 09h45 (dimanche 23h45 heure suisse) sur Martin Place. Au moins quinze personnes sont retenues, selon le décompte du personnel de la télévision australienne Seven Network, qui observe la situation depuis ses bureaux situés au 4e étage juste en face du café. Il s’agit d’«un mélange de femmes, d’hommes, de jeunes, de vieux, mais pas d’enfants», selon Chris Reason, l’un des journalistes.

Selon Catherine Burn, adjointe du chef de la police de l’Etat de Nouvelle-Galles du Sud, moins de 30 personnes sont retenues. Dix employés travaillaient dans le café lorsque l’attaque est survenue affirme l’administrateur délégué de Lindt Australie Steve Loane.

Armé d’un fusil à pompe

«Nous voyons que le preneur d’otages les force, par tournus, à se mettre debout près des quatre fenêtres, parfois jusqu’à deux heures», a ajouté Chris Reason de Seven Network.

Il l’a décrit comme armé d’un fusil à pompe, mal rasé et portant une chemise blanche et une casquette noire. L’homme a affirmé avoir dissimulé deux bombes dans Sydney, mais la police affirme que l’incident est «contenu en un seul lieu».

«Extrêmement agité»

Selon Chris Reason, le forcené est devenu «extrêmement agité lorsqu’il a réalisé que cinq otages étaient sortis. Il a commencé à crier des ordres». Trois hommes puis deux employées de l’établissement ont en effet pu quitter le café, sans qu’on sache s’ils se sont enfuis ou s’ils ont été relâchés.

Les policiers les interrogent. L’un d’eux, un homme, a été amené à l’hôpital St. Vincent pour des examens, mais il se trouve dans un état «satisfaisant», selon le porte-parole de l’établissement.

Contacté par l’ats, le Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) ne fait état pour l’instant d’aucun Suisse parmi les otages. Il est en contact avec les autorités australiennes et l’entreprise Lindt & Sprüngli.

Sa filiale australienne a posté un message sur sa page Facebook, remerciant le public pour son soutien et affirmant être «profondément inquiet de ce grave incident. Nos pensées et prières vont à l’équipe et les clients touchés ainsi qu’à leurs amis et familles».

Milliers d’évacuations

Le quartier de Martin Place, où se trouvent aussi le siège de la banque centrale australienne et des banques commerciales, a été bouclé et des unités d’intervention sont en place. Des centaines, voire des milliers de personnes ont dû quitter leurs places de travail.

Au-delà du cordon de sécurité, des passants prenaient des photos que certains postaient sur les réseaux sociaux, d’autres secouaient la tête, abasourdis, alors que le Premier ministre Tony Abbott a exhorté les Australiens à ne pas céder à la peur et à «vaquer à leurs occupations habituelles».

L’Opéra en danger

Peu avant l’annonce de la prise d’otages, la police avait fait état de l’arrestation d’un homme de 25 ans à Sydney dans le cadre d’une enquête sur la préparation d’attentats en Australie.

La police est aussi intervenue à l’Opéra de Sydney, évacué à la suite apparemment d’une alerte au colis suspect avant que la situation revienne à la normale.

Prières communes

Un imam, un rabbin et un prêtre ont prié ensemble dans une mosquée pour les otages, et les condamnations de musulmans et les appels à éviter les amalgames se multipliaient sur Twitter.

La chaîne qatarie Al-Jazira a cependant fait état de plusieurs commentaires encourageant l’attaque et appelant à tuer clients et employés retenus.

( /afp/ats/Newsnet)