L’établissement Carlos III-La Paz de Madrid, désigné depuis avril dernier comme celui de référence pour traiter les patients atteints du virus d’Ebola rapatriés en Espagne, n’était pas du tout prêt pour assumer sa tâche. Après les critiques déjà émises contre l’hôpital, où une infirmière avait été contaminée en octobre dernier, un rapport de l’Inspection du travail confirme les manquements par le menu détail.
Selon le document, tombé dans les mains du quotidien El País, le personnel n’avait été formé que très sommairement aux risques d’Ebola, et aucun exercice de simulation afin de prévenir les risques de contamination n’a eu lieu. Pour le personnel soignant en contact direct avec les malades, comme l’infirmière contaminée Teresa Romero, il n’y avait pas de recommandations, ni de supervision experte pour le retrait des combinaisons de protection, un moment très délicat.
D’une manière générale, les protocoles pour le personnel soignant devant les risques d’Ebola n’ont cessé d’évoluer au fil des recommandations tantôt du Ministère de la santé, tantôt de la direction de l’hôpital, et chaque service développait le sien, notent les inspecteurs du travail. En outre, un protocole pour diagnostiquer les cas suspects d’Ebola avait été établi en août 2014, mais n’a été rendu public sur l’Intranet de l’hôpital que le 10 octobre, quelques jours après l’annonce qu’une infirmière de l’établissement avait été contaminée.
La direction de l’hôpital se défend face à ces révélations en précisant que des mesures ont été prises depuis pour corriger les défaillances relevées. En attendant, ce rapport donne du poids à la voix des syndicats qui dénoncent les irrégularités et entendent démontrer en justice que la direction de l’hôpital a mis en péril la santé du personnel.
(24 heures)



