PAKISTAN: Les rescapés retournent en classe et crient «vengeance»

 

Devant l’établissement, au deuxième jour d’un deuil national qui doit s’achever vendredi, des centaines d’élèves, de parents et de personnes happées par cette tragédie veillaient ou déposaient des gerbes de fleurs en hommage aux victimes de cette attaque terroriste, la plus sanglante de l’histoire du Pakistan.

«Je n’ai pas peur des terroristes»

Les autorités ont promis de remettre le bâtiment en état pour le 4 janvier, moins de trois semaines après l’attaque qui l’a ravagé. «Je serai là dès que l’école rouvrira. Je n’ai pas peur des terroristes, je sais comment leur faire passer le message», a affirmé Mohammad Bilal, 14 ans, ce jeudi 18 décembre à l’AFP. L’adolescent défie ainsi ses parents, qui préféreraient le voir à la maison.

«J’y serai dès la réouverture», a renchéri son camarade Moakal Jan, 13 ans et plus déterminé que jamais à joindre un jour l’armée pakistanaise qui combat les talibans.

«Plus déterminé que jamais»

«Je vais devenir soldat pour venger la mort de mes amis et de mes camarades de classe», assure Moakal qui a perdu neuf proches dans ce carnage condamné tant à l’étranger qu’au Pakistan, où la population demande plus que jamais à l’armée, l’institution la plus puissante du pays, de faire cesser ces violences.

«Je souhaite intégrer l’armée depuis que je suis enfant, mais maintenant je suis plus déterminé que jamais. Je veux venger mes amis, combattre les terroristes», plaide Abu Bakar, 18 ans.

Menaces et risque d’évasions

Les talibans ont menacé de mener d’autres opérations meurtrières si les forces pakistanaises ripostaient à celle de Peshawar. A Islamabad, capitale en général épargnée par les attaques islamistes, les autorités ont d’ailleurs prévenu près de 400 écoles de possibles attaques contre des bus scolaires.

Les écoles de la ville ont renforcé leur sécurité et organisé pour certaines des exercices pour apprendre aux élèves comment se comporter et éviter d’être atteints en cas d’attaque.

Et des responsables de prisons du nord-ouest ont dit jeudi craindre des évasions de «grande ampleur» à la suite de l’annonce par le Premier ministre Nawaz Sharif de la reprise des exécutions de peines de mort infligées pour des actes terroristes.

«Cerveau» d’une attaque libéré

En attendant, la tragédie de Peshawar a faire redoubler les critiques contre le Pakistan, accusé d’avoir laissé prospérer les groupes islamistes sur son sol.

La libération sous caution jeudi par la justice pakistanaise de Zakiur Rehman Lakhvi n’a rien fait pour calmer l’opinion. Cet homme est le cerveau présumé des attaques de Bombay, qui avaient fait 166 morts en novembre 2008 dans la capitale économique indienne.

New Delhi affirme de longue date que des «agences officielles» pakistanaises sont impliquées dans la préparation de ces attentats, imputés au mouvement islamiste Lashkar-e-Taiba, basé au Pakistan. Islamabad réfute ces accusations.

Au cours du massacre mardi, 148 personnes dont 132 enfants et adolescents sont morts.

(ats/Newsnet)