A Dresde, 4500 contre-manifestants (contre 6000 lundi dernier) ont répondu à l’appel de l’alliance «Dresde sans nazis», selon un comptage réalisé lundi 22 décembre à 19h00 par la police. La direction de l’opéra de Dresde, le Semperoper, a éteint les lumières du bâtiment et les employés ont érigé quatre drapeaux proclamant «ouvrez les yeux», «ouvrez les coeurs», «ouvrez les portes» et invoquant la constitution allemande : «La dignité des personnes est intangible».
Quatre cents autres personnes devaient également se rassembler dans une église de la ville pour une prière de la paix oecuménique, selon l’agence de presse dpa. Et à Munich, capitale de la Bavière (sud), ils étaient 12’000 à protester contre Pegida.
Interpellations
Ailleurs, des contre-manifs ont rassemblé 2500 personnes à Bonn (ouest), 2000 à Kassel (centre) et 700 à Würzburg (sud). Dans ces villes, les déclinaisons locales de Pegida n’ont à chaque fois pas dépassé les 250 personnes.
Huit personnes ont été brièvement interpellées à Kassel à la suite d’altercations. L’évêque protestant de Saxe, Jochen Bohl, a déclaré à dpa que les pro-Pegida cherchaient à «exploiter les symboles chrétiens et une tradition chrétienne dans un but politique».
En plein essor
Né en octobre, Pegida, qui a reçu le soutien du jeune parti contre l’euro et populiste Alternative pour l’Allemagne (AfD), organise chaque semaine des «Manifs du lundi», sur le modèle de celles qui, il y a 25 ans, ont fait vaciller le Mur de Berlin.
Au fil des semaines, le mouvement a pris de plus en plus d’ampleur, rassemblant certes des néonazis et des militants d’extrême droite, mais surtout de simples citoyens, inquiets face à une prétendue «islamisation de l’Occident» ou à l’afflux de réfugiés, alors que l’Allemagne est devenue depuis peu la principale destination d’immigration en Europe.
«Révolte des honnêtes gens»
Alors que les manifestations sur le modèle de Pegida essaiment dans plusieurs villes d’Allemagne, les voix et les initiatives se font de plus en plus nombreuses pour condamner ou contrer ces mouvements.
Lundi, dans un entretien au magazine allemand Couragiert, l’ancien chancelier social-démocrate Gerhard Schröder a réclamé une «révolte des honnêtes gens», reprenant les mots qu’il avait lancés en 2000, après un incendie criminel dans une synagogue de Düsseldorf (ouest).
Il y a une semaine, la chancelière conservatrice Angela Merkel avait fermement condamné ces manifestations, jugeant qu’il n’y avait pas de place en Allemagne «pour l’incitation à la haine et la calomnie».
(ats/Newsnet)



