Détention: La course folle à Dijon n’est «pas un acte terroriste»

L’automobiliste qui a délibérément foncé sur des passants dimanche soir à Dijon est atteint de problèmes psychiatriques lourds et anciens, a affirmé lundi 22 décembre la procureur de Dijon. «Il ne s’agit absolument pas d’un acte terroriste», a annoncé à la presse Marie-Christine Tarrare, procureur de la République.

Cet homme de 40 ans, atteint de problèmes psychiatriques lourds, a fait «157 passages en unité psychiatrique entre février 2001 et novembre 2014». Il était toujours en garde à vue lundi dans les locaux de la police judiciaire. Le parquet a ouvert une information judiciaire pour «tentative d’assassinat» et requis son placement en détention. Il n’a donc par retenu la qualification «en lien avec une entreprise terroriste».

«Pour me donner du courage j’ai crié ‘Allah Akbar’», a dit le suspect aux enquêteurs, pour tenter d’expliquer son geste. S’il a d’abord «envisagé de s’en prendre à des représentants de l’Etat français» en passant devant un commissariat, «c’est en voyant des piétons qu’il a décidé de passer à l’acte, et ce à plusieurs reprises».

«Il n’a pas été guidé par la religion mais politiquement il estimait qu’il fallait qu’il agisse sur le traitement réservé aux enfants (de Tchétchénie), il dit qu’il n’a pas fait ça de gaité de cœur», a encore dit Marie-Christine Tarrare. Interpellé après sa course folle, l’homme «ne conteste pas avoir délibérément foncé sur des piétons». Mais «il n’a pas exprimé de regrets», même s’il s’est dit choqué de son propre geste.

Marine Le Pen dénonce

Le président de la République François Hollande et Manuel Valls s’étaient accordés plus tôt lundi pour demander de «ne pas céder à la panique» et de «ne pas tirer de conclusions hâtives», les motivations du conducteur n’étant «pas clairement établies», selon Bernard Cazeneuve.

En fin de journée, à Montpellier, le Premier ministre a estimé que «jamais nous n’avons connu un aussi grand danger en matière de terrorisme», appelant à «réagir» face au phénomène des jeunes qui se sentent «impliqués» par le jihad.

Pour sa part, Marine Le Pen, présidente du Front national, a dénoncé «les tentatives de minimiser au maximum les faits». «Lorsqu’on est dans le déni, on peut s’attendre à ce que ceux qui nous gouvernent ne soient pas susceptibles de mettre en œuvre les conditions pour lutter contre ce phénomène», a-t-elle affirmé.

Drame à Joué-les-Tours

Ce drame a d’autant plus marqué les esprits qu’il est intervenu au lendemain d’une autre attaque, à Joué-les-Tours (Indre et Loire) où un jeune d’une vingtaine d’années, Bertrand «Bilal» Nzohabonayo, a attaqué au couteau des policiers du commissariat, blessant trois d’entre eux avant d’être tué par les forces de l’ordre.

Son frère, Brice Nzohabonayo, connu pour son engagement dans un «islamisme pur et dur», a été arrêté au Burundi d’où les deux jeunes gens sont originaires.

A Joué comme à Dijon, les deux agresseurs ont lancé, à plusieurs reprises, le même cri d’«Allah Akbar», ou «Dieu est le plus grand», faisant immédiatement penser à des actions des extrémistes musulmans.

(afp/Newsnet)