PRÉSIDENTIELLE CROATE: Le président sortant et la candidate conservatrice au 2e tour

 

Le président croate sortant, le social-démocrate Ivo Josipovic, et la candidate du camp conservateur, l’ex-ministre des Affaires étrangères, Kolinda Grabar Kitarovic, s’affronteront au deuxième tour de l’élection présidentielle, le 11 janvier, dans cette ex-république yougoslave confrontée à une grave crise économique.

M. Josipovic est crédité de 38,9% de voix contre 38,1% pour Mme Grabar Kitarovic, selon un sondage réalisé par l’agence Ipsos-Puls pour la télévision nationale et la chaîne de télévision privée Nova, publié juste après la clôture du scrutin présidentiel à 18H00 GMT.

Pouvoirs limités

Les premiers résultats partiels officiels étaient attendus un peu plus tard dans la soirée.

 Dans cette ex-république yougoslave de 4,2 millions d’habitants, devenue en juillet 2013 le 28e et dernier en date des Etats membres de l’Union européenne, quatre candidats briguaient la magistrature suprême.

A 15H30 GMT, soit deux heures et demie avant la fermeture des bureaux de vote, le taux de participation était de 36,3%, supérieur d’environ 2% à celui du scrutin présidentiel précédent d’il y a cinq ans.

La Constitution croate donne au président des pouvoirs limités. Il est le commandant suprême des forces armées et gère ensemble avec le gouvernement la politique étrangère.

Dans un pays qui se prépare à célébrer les fêtes de fin d’année sur fond de campagne électorale terne, les deux principaux candidats ont promis d’oeuvrer à redresser l’économie, même si cela ne relève pas des prérogatives présidentielles.

Attaque de sa rivale

Chef de la diplomatie de 2005 à 2008, Mme Grabar Kitarovic, 46 ans, s’est employée à critiquer son rival pour avoir «échoué» dans sa tentative de pousser le gouvernement à faire des réformes économiques.

Ivo «Josipovic n’a pas expliqué pourquoi il n’a pas recouru aux pouvoirs présidentiels pour faire bouger les choses. Il porte la responsabilité, avec le gouvernement, de la situation» grave dans laquelle se trouve la Croatie, a déclaré Mme Grabar Kitarovic, ex-ambassadeur à Washington, nommée en 2011 adjointe du secrétaire général de l’Otan chargée des informations publiques.

La Croatie est en récession quasiment permanente depuis 2008 et la dette publique y représente presque 80% du PIB. Son adhésion en 2013 à l’UE ne l’a pas aidée à sortir du marasme économique.

Son PIB devrait de nouveau reculer en 2014, d’environ 0,5%. Le taux de chômage frôle les 20% et un jeune sur deux est sans emploi.

Plus de fermeté lors de la campagne

Homme politique posé, juriste de formation et compositeur de musique classique, M. Josipovic, 57 ans, est critiqué par ses détracteurs pour sa politique conciliante visant à «essayer de rester en bons termes avec tout le monde», ce qui lui a valu, selon eux, de ne pas avoir d’opinion claire sur des sujets importants.

Mais, à l’approche des élections, il s’est montré plus ferme et a même critiqué le gouvernement de centre gauche (SDP) pour son incapacité à sortir la Croatie de la crise économique.

Il a promis d’améliorer la situation économique ainsi que de «créer un emploi pour chaque jeune dans le pays».

Même s’il reste l’homme politique le plus populaire de Croatie, son image est ternie par l’échec économique du gouvernement.

A l’approche des élections législatives prévues vers la fin 2015, cette élection permettra également d’évaluer le rapport de forces entre la gauche au pouvoir et les conservateurs qui sont dans l’opposition.

La coalition au pouvoir est mise à mal par la très longue crise économique, une situation dont les conservateurs du HDZ entendent profiter.

(afp/Newsnet)