UKRAINE: Porochenko rencontrera Poutine en janvier

 

«Mon année diplomatique commence le 15 janvier avec une rencontre à Astana dans le format dit de Normandie», a déclaré Porochenko au cours d’une conférence de presse ce lundi 29 décembre. Elle réunira autour d’une table les présidents ukrainien et russe, ainsi que la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande.

«Les ministres des Affaires étrangères des pays du format de Normandie ont été chargés d’élaborer l’ordre du jour et les projets de décisions pour ce sommet», a-t-il poursuivi. L’agence russe Tass a pour sa part cité une source diplomatique qui a confirmé qu’une telle rencontre aurait bien lieu, mais que la date du 15 janvier n’était qu’une des dates envisagées.

Le format de Normandie

La première rencontre entre les quatre dirigeants avait eu lieu en marge des cérémonies pour le 70e anniversaire du Débarquement du 6 juin 1944 en Normandie. Une seconde rencontre avait eu lieu lors d’un sommet à Milan en octobre.

Porochenko a souligné que le format de Normandie n’était «pas le seul possible». «Nous prévoyons également le retour au format de Genève, avec la participation du président américain Barack Obama avec qui j’en ai discuté, et de la nouvelle direction de l’Union européenne», a-t-il poursuivi. Il faisait référence à des discussions initiées en Suisse entre Russes, Européens, Américains et Ukrainiens.

Échange de prisonniers

Les quatre dirigeants se parlent également régulièrement au téléphone pour tenter de trouver une solution au conflit qui a fait 4700 morts depuis avril. Et après des négociations «difficiles» le 24 décembre, les protagonistes étaient tombés d’accord sur un échange massif de prisonniers qui a eu lieu pendant le week-end.

Mais les pourparlers avec les rebelles ukrainiens qui avaient repris la semaine dernière à Minsk sont depuis au point mort. Ce lundi 29 décembre, trois soldats ukrainiens ont encore péri dans des combats à l’aéroport de Donetsk, dans l’est ukrainien.

Un conflit «artificiel»

Dans sa déclaration, le chef de l’Etat ukrainien a une nouvelle fois taclé la Russie. Il a jugé que le conflit était «artificiel» et «introduit de l’extérieur par des agresseurs et des occupants qui doivent s’en aller». Selon lui, deux choses permettraient de résoudre ce conflit: «la fermeture des frontières» et «le retrait des troupes étrangères».

Accusé par Kiev et par les Occidentaux d’armer les rebelles et d’avoir déployé des troupes dans l’est du pays, Moscou dément toute implication. Mais, interpellé sur la capacité de l’armée ukrainienne à reconquérir l’est du pays, Porochenko a reconnu que Kiev ne «disposait pas de suffisamment de force pour une offensive».

Budget défense dopé

Le Parlement ukrainien avait approuvé à l’aube un budget qui quintuple les crédits défense et sécurité, à presque 5% du PIB. «C’est un niveau sans précédent», s’est félicité le Premier ministre Arseni Iatseniouk.

Pour financer l’effort de guerre tout en respectant les conditions posées par le Fonds monétaire international (FMI), les autorités ont introduit une série de mesures qui frappent le porte-monnaie des Ukrainiens, déjà appauvris par une grave crise économique. Une des plus impopulaires concerne l’introduction d’un impôt supplémentaire de 5% à 10% sur la quasi-totalité des importations.

Les autorités vont également introduire un impôt de 15% sur les retraites «élevées», c’est-à-dire supérieures à 3600 hryvnias (225 francs) et annuler des avantages sociaux pour les médecins et instituteurs. «Ce sera une année de rigueur draconienne», a commenté Oleg Bereziouk, député du parti pro-occidental Samopomitch.

(ats/Newsnet)