L’envolée des prix reflète la situation politique dans le pays où la destitution du président Ianoukovitch en février a amené la Russie à annexer la Crimée puis à soutenir une rébellion séparatiste dans l’Est, a précisé ce mardi 6 janvier le Service d’Etat de la statistique. Pour rappel, la crise en Ukraine a fait plus de 4700 morts depuis la mi-avril.
L’inflation qui explose, résulte aussi des réformes entreprises par le nouveau gouvernement pro-occidental du Premier ministre Arseni Iatseniouk, qui cherche à tourner la page du modèle soviétique du passé où les biens étaient largement subventionnés.
Mesure du FMI
En plus de la guerre dans l’Est qui a frappé les exportations d’acier et obligé le pays à importer du charbon et de l’électricité, le gouvernement a relevé les prix du gaz et du fioul domestique.
Cette mesure était demandée par le Fonds monétaire international, interlocuteur incontournable du gouvernement, à qui il a promis pour 17 milliards de dollars (17,15 milliards de francs) de crédits et partisan d’une modernisation de l’économie.
La dévaluation de la hryvnia, qui a perdu la moitié de sa valeur en 2014, à également contribué à la hausse des prix des produits alimentaires, du carburant et des services.
La devise ukrainienne se traitait à huit pour un dollar sous le précédent gouvernement de Mikola Azarov, aidée par des interventions régulières de la banque centrale et par le flux de crédits en provenance notamment de la Russie.
Depuis que la banque centrale a introduit un taux de change flexible en avril, la hryvnia se négocie à environ 15,7 pour un dollar alors que dans le même temps les salaires n’ont pas évolué.
Inflation jusqu’à 18% en 2015
La loi de finances 2015 signée par le président Petro Porochenko prévoit un taux d’inflation moyen d’un peu plus de 13% mais la patronne de la banque centrale, Valeria Gontareva, n’exclut pas une inflation allant jusqu’à 18% si, comme le demande le FMI, le gouvernement relève encore les prix du gaz et du fioul domestique.
Le FMI envoie cette semaine en Ukraine une mission pour faire le point sur les réformes et les perspectives du pays. Le gouvernement espère que cette visite permettra de débloquer trois tranches de crédit, d’un montant total pouvant dépasser les quatre milliards de dollars.
(ats/Newsnet)



