«Le président vient de s’entretenir pendant plus de 45 minutes avec Mme Merkel et M. Porochenko. Ils ont fait un point de la situation en Ukraine et regretté l’échec des discussions du groupe de contact samedi à Minsk. Ils appellent à un cessez-le-feu immédiat», a indiqué ce dimanche 1er février l’Élysée.
Combats sur tous les fronts
Tout espoir d’enrayer rapidement la nette recrudescence des violences constatée depuis deux semaines dans l’est de l’Ukraine s’est effondré samedi avec l’échec de négociations pour parvenir à un nouveau cessez-le-feu.
Des émissaires de l’Ukraine, de la Russie et des séparatistes prorusses se sont rencontrés pendant plus de quatre heures à Minsk sous les auspices de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Mais aucun accord sur une nouvelle trêve n’a pu être conclu, Kiev et les rebelles s’accusant mutuellement d’avoir saboté la réunion.
Dans un communiqué, l’OSCE a imputé la responsabilité de l’échec de la réunion aux séparatistes. Elle a déclaré qu’ils avaient refusé de discuter des principaux points d’un plan de paix, tel que la mise en place d’un cessez-le-feu, et qu’ils avaient cherché à redéfinir le protocole de sortie de crise signé le 5 septembre dernier dans la capitale biélorusse.
Pas de commentaire du Kremlin
«Leurs représentants (…) n’étaient pas en position de discuter de la proposition présentée par le groupe de contact trilatéral. En fait, ils n’étaient même pas prêts à discuter de la mise en place d’un cessez-le-feu et du retrait des armes lourdes», a dit l’OSCE.
Contacté samedi soir, le Kremlin jugeait prématuré de commenter l’issue de la réunion. «Il est trop tôt pour apprécier le résultat de ces pourparlers», a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov à l’agence Interfax.
Les rebelles, qui ont exclu il y a dix jours de négocier une trêve, se disent prêts à poursuivre leur offensive jusqu’aux frontières administratives des régions de Donetsk et Louhansk, qui forment le Donbass dans l’est de l’Ukraine.
Sans eau ni électricité
Selon le porte-parole de l’armée à Kiev, les affrontements sont particulièrement intenses autour de Debaltseve, un noeud ferroviaire contrôlé par les forces gouvernementales au nord-est de Donetsk. «Il n’est pas question d’encerclement ou de coupure de nos principales lignes de communication», a affirmé Volodimir Poliovy. «Nous contrôlons la situation».
Sept civils ont été tués dimanche dans des bombardements sur la ville, qui est privée d’eau et d’électricité depuis plusieurs jours, a déclaré le ministère ukrainien de l’Intérieur. Trois civils ont également trouvé la mort dans des bombardements dans la région de Louhansk, selon les autorités régionales.
Les forces séparatistes ont conquis une partie de la localité de Vouhlehirsk, près de Debaltseve, qui était dimanche la cible de pilonnages incessants. A Slaviansk, ville sous contrôle de Kiev, des réfugiés arrivaient en autocar de Debaltseve et d’autres villes sur la ligne de front.
Climat de terreur
Viatcheslav Gourov, un retraité, a déclaré que la moitié de la ville d’Avdiivka avait été totalement détruite. «On ne savait même pas qui tirait. Les rebelles et la garde nationale se battaient. Il n’y a pas d’eau, pas d’électricité, pas de chauffage, rien».
Dans le bastion rebelle de Donetsk, un journaliste de Reuters a pu voir le corps d’un jeune homme gisant dans une rue du centre-ville, tué par les éclats d’un obus tombé contre un mur à proximité. Nadejda Petrovna, une voisine âgée de 68 ans, a déclaré que l’homme tentait de fuir quand l’obus a explosé devant lui.
«C’est comme ça tous les jours, les gens se font tuer. On dort tout habillés pour pouvoir courir à la cave. C’est devenu insupportable», raconte-t-elle. Le soulèvement séparatiste dans l’est de l’Ukraine, qui a débuté en avril dernier, a fait plus de 5000 morts selon les Nations unies.
(ats/Newsnet)



