Au sein du Centre de commerce international (ITC), dirigé par Arancha Gonzáles, José Prunello est responsable d’un département qui travaille exclusivement au renforcement des organismes chargés de la promotion des exportations économiques des pays ou des régions les moins développés.
Ce travail de l’ombre mené à Genève conduit son équipe à se déplacer aux quatre coins de la
planète. L’ITC apporte ainsi des conseils et une assistance très
concrète et très pratique aux économies émergentes en les aidant à consolider et à structurer leur tissu de PME. Une démarche qui ne relève pas de l’assistanat mais d’une véritable ambition de voir tous les pays accéder aux marchés mondialisés. «Nous ne faisons pas de la charité. Nous aidons des organisations à optimiser leur propre capacité de travail. On ne pêche pas le poisson, on les aide à tenir la canne», résume José Prunello.
Impact important
«C’est une activité qui a un impact très important. Des études ont montré leur effet démultiplicateur», explique-t-il. En 2014, les équipes de l’ITC sont intervenues dans douze pays: au Bangladesh, au Bénin, au Burkina Faso, à l’île Maurice, au Maroc, au Sri Lanka, en Zambie, au Zimbabwe et dansplusieurs pays de la région des Caraïbes. Sur place, ils ont prodigué leurs conseils et partagé leur expertise pour rendre les structures d’appui aux exportations de développement économique plus efficientes. Et ça marche! L’agence Procomer du Costa Rica a reçu un prix l’an passé pour son dynamisme et sa performance.
En cinq ans, l’ITC a ainsi apporté son soutien et son expertise à près de 50 agences à travers le monde. La recette est toujours la même et la méthode est éprouvée. L’ITC procède d’abord à ce qui s’apparente à un audit pour aider les structures consultées à bâtir une stratégie de développement cohérente et pertinente. «Ils nous ont aidés à identifier nos points forts mais aussi à identifier les domaines dans lesquels nous pouvions nous améliorer pour rejoindre les standards internationaux», témoigne Pamela Coke-Hamilton, directrice de la Caribbean Export Development Agency.
Plate-forme d’échanges
«Nous ne faisons rien d’autre que leur donner une feuille de route», insiste José Prunello. Si ce département de l’ITC ne traite pas directement avec les PME, c’est qu’il préfère agir à une plus grande échelle, en créant des conditions favorables à l’investissement. Ce souci de trouver des effets démultiplicateurs explique aussi pourquoi José Prunello et son équipe travaillent en étroite collaboration avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et la Conférence des NationsUnies sur le commerce et le développement (Cnuced). «Nous fonctionnons aussi comme une plate-forme d’échanges», rappelle-t-il.
Tous les deux ans, l’ITC organise une grande conférence internationale qui réunit tous les organismes qui font de la promotion commerciale. Thème de la dernière rencontre organisée à Dubaï: l’investissement et le commerce. Pour entrer de plain-pied dans la compétition mondiale, les pays et les régions en développement doivent aussi gagner la confiance des investisseurs. «C’est pour cela que nous devons leur montrer quelle est la meilleure façon de travailler», explique José Prunello. L’ITC a aidé, par exemple, à la mise en valeur du potentiel de création des tisseuses péruviennes pour que leurs produits accèdent à de nouveaux marchés et produisent des revenus plus rémunérateurs.
José Prunello insiste sur la nécessité de «transparence»: «Si nous voulons stimuler les logiques vertueuses qui conduisent au progrès et au développement, les organisations comme la nôtre sont astreintes à un devoir de rigueur dans la gestion de leur propre mission.»» La manière dont nous mesurons nos résultats peut paraître parfois très technocratique mais c’est justement notre façon de rendre le travail de chacun plus efficace dans l’intérêt de tous», explique-t-il. Jusque-là, cette méthode a produit des résultats qui placent l’ITC parmi les organisations les mieux notées.
(TDG)



