Le sommet s’est ouvert à Charm-el-Cheikh par la récitation d’un verset du Coran. Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi préside les débats de cette assemblée qui réunit jusqu’à dimanche des monarques des pays du Golfe et le chef de l’Etat yéménite, Abd Rabbo Mansour Hadi.
Outre le roi Salmane Ben Abdel Aziz d’Arabie saoudite, l’émir du Koweït, les rois de Jordanie et du Bahreïn participent à ce sommet. De même que les présidents de la Tunisie et de l’Autorité palestinienne, le chef du Parlement libyen reconnu par la communauté internationale, ainsi que le secrétaire général de l’ONU.
La Ligue arabe juge depuis plusieurs semaines «pressant» le besoin de créer une force militaire arabe pour «combattre les groupes terroristes». Il s’agit de lutter en premier lieu contre le groupe Etat islamique (EI), qui contrôle de vastes territoires en Syrie et en Irak et qui est aussi actif en Egypte et en Libye.
Grand rival iranien
Mais plus que le groupe extrémiste sunnite, c’est la crainte de voir le grand rival iranien chiite, qui soutient la milice yéménite des Houthis, étendre son influence dans la région qui paraît obliger les pays arabes à surmonter leurs dissensions. Ils pourraient entériner la création d’une force militaire conjointe.
Conduite par Ryad, une coalition impliquant neuf pays arabes dont l’Egypte, a lancé jeudi des frappes aériennes au Yémen. Elle veut stopper l’avancée des Houthis qui tentent de s’emparer de la totalité du pays.
«Un coup d’essai»
Pour Mathieu Guidère, professeur de géopolitique arabe à l’université de Toulouse (France), l’opération au Yémen représente «un coup d’essai pour la future force arabe d’intervention rapide».
«Cette opération donne une idée des contours de cette force», ajoute-t-il, avant de préciser que «certains comme l’Egypte ou la Jordanie» pourraient par la suite apporter «des troupes générales (artillerie) ou particulières (forces spéciales)».
Mais les divergences de points de vue entre les 22 membres de la Ligue pourraient ralentir le processus. «Il est important que cette force ait des objectifs spécifiques, ainsi qu’un plan et un programme clairs», avertit un diplomate yéménite s’exprimant sous le couvert de l’anonymat.
(ats)




