Présidentielle aux Etats-Unis: Hillary Clinton, une candidature “blindée”

 

Cette nouvelle course à la Maison-Blanche, Hillary Rodham Clinton la préparait depuis le 7 juin 2008. Ce jour-là, malgré les 18 millions de voix recueillies, la candidate présidentielle devait concéder sa défaite face à Barack Obama, mettant ainsi fin aux primaires démocrates. Elle avait alors lancé: «Lorsque nous avons démarré, les gens dans tout le pays se posaient les mêmes questions. Une femme peut-elle vraiment devenir le commandant en chef des armées? Même si nous n’avons pas réussi à briser cette ultime barrière, grâce à vous, j’y ai porté près de 18 millions de coups!»

Epouse de l’ancien président Bill Clinton, secrétaire d’Etat pendant le premier mandat de Barack Obama, elle s’est lancée ce dimanche à l’attaque de cette «ultime barrière» en officialisant une campagne qui pourrait faire d’elle, en 2016, la première présidente de l’histoire des Etats-Unis. Or, elle entre dans la course à la Maison-Blanche avec l’image d’une candidate incontournable voire imbattable. Selon un récent sondage CBS, 81% des démocrates sont prêts à voter pour elle.

Alors que les prétendants républicains à la succession de Barack Obama sont nombreux, pas un démocrate de premier plan ne s’est manifesté. Le vice-président Joe Biden est réduit à un rôle de figurant, lui qui en temps normal aurait été considéré comme un candidat naturel. L’ancien sénateur Jim Webb, seul candidat démocrate déclaré, ne semble pas armé pour rivaliser avec la campagne d’Hillary Clinton qui pourrait coûter 2,5 milliards de dollars. Quant à Martin O’Malley, l’ancien gouverneur du Maryland écume l’Iowa et le New Hampshire (deux Etats qui lanceront la bataille des primaires en 2016) mais ce politicien de 52 ans n’offre pas d’alternative solide en cas de couac majeur de l’ultrafavorite.

L’humilité pour consigne

«Je pense que l’Iowa pourrait propulser Hillary Clinton vers la présidence», résume Jerry Crawford, l’ancien responsable de sa campagne en 2008. «Le principal défi pour un candidat est de passer assez de temps dans l’Iowa pour établir une relation personnelle avec les gens qui se rendent dans les caucus. Et Hillary Clinton est une candidate fantastique pour ce genre de campagne.» L’ancienne cheffe de la diplomatie sera d’ailleurs dans l’Iowa puis dans le New Hampshire cette semaine pour une série de rencontres intimistes avec des électeurs.

La campagne de Hillary a fait circuler un document samedi dans lequel elle souligne son humilité et sa volonté de soigner son esprit d’équipe pour éviter les querelles internes qui avaient miné en 2008 la candidature de l’épouse de Bill Clinton. «Nous n’avons pas peur de perdre», est-il écrit dans ce mémo révélé par Politico. «Nous nous engageons et nous nous battons pour chaque vote que nous pouvons gagner. Nous savons que cette campagne se gagnera sur le terrain, dans les Etats.»

Vulnérable malgré tout

Même si elle part en campagne avec une longueur d’avance sur ses adversaires républicains, Hillary Clinton, 67 ans, reste vulnérable comme l’a rappelé la récente polémique déclenchée par l’utilisation de ses e-mails personnels à l’époque où elle dirigeait la diplomatie américaine. La démocrate va aussi devoir conjuguer avec le facteur Obama. Malgré de bons résultats économiques, un récent sondage de CNN montre que 57% des Américains veulent que leur prochain président adopte une politique différente de celle d’Obama.

(TDG)