Présidentielle aux Etats-Unis: Les cinq républicains qui défient Hillary Clinton

 

Ils sont deux et bientôt trois. Après les sénateurs républicains Ted Cruz puis Rand Paul (lundi passé), voici que Marco Rubio, leur collègue de parti, devrait annoncer cette semaine sa candidature à la Maison-Blanche. Et Jeb Bush, le frère cadet de l’ancien président George W. Bush, ne devrait tarder à les rejoindre. Face à la candidature longtemps attendue de Hillary Clinton dans le camp démocrate, les conservateurs qui rêvent de succéder à Barack Obama en 2016 se pressent au portillon. Voici leurs forces et faiblesses.

L’ultra Ted Cruz

Ted Cruz, 44 ans, sénateur du Texas, en campagne depuis le 23 mars. Points forts: cet ultraconservateur est un héros pour le mouvement populiste du Tea Party, qui rêve de restreindre grâce à lui le pouvoir du gouvernement américain. Mais ce soutien des radicaux est aussi l’un de ses points faibles. Il s’est mis à dos ses collègues de parti en provoquant en 2013 le «shutdown» du gouvernement américain (fermeture des administrations en l’absence de budget voté) sous prétexte de vouloir abroger la réforme de l’assurance-maladie. Extrémiste et peu viable dans des Etats comme la Floride ou le Colorado, qui joueront un rôle clé lors de la présidentielle. Malgré un père d’origine cubaine, ses prises de position anti-immigration lui valent peu de soutien auprès de l’électorat latino-américain en plein boom démographique.

Le libertarien Rand Paul

Rand Paul, 52 ans, sénateur du Kentucky, en campagne depuis le 7 avril. Points forts: il a le soutien de l’aile dite «libertarienne» du parti républicain, qui place la liberté au cœur de sa politique. Indépendant, il porte le flambeau de son père Ron Paul, le côté Don Quichotte en moins. Son opposition au programme de surveillance des communications des Américains par la NSA et sa volonté de réduire la présence militaire américaine à l’étranger lui valent un soutien quasi religieux chez de nombreux jeunes aux Etats-Unis. Points faibles: son père Ron, ex-infatigable candidat à la Maison-Blanche mais considéré comme inéligible. Par ailleurs, il est peu populaire auprès de l’électorat afro-américain et hispanique.

L’anticastriste Marco Rubio

Marco Rubio, 43 ans, sénateur de Floride, devrait déclarer sa candidature ce lundi. Points forts: il représente la Floride au Congrès, l’un des Etats les plus importants sur la route de la Maison-Blanche. Charismatique, d’origine hispanique, proche du Tea Party. Points faibles: cet élu d’origine cubaine a des positions anticastristes qui paraissent démodées à l’heure du dégel entre Washington et La Havane décidé par Barack Obama. Sa réforme avortée de la politique de l’immigration ne pèse pas lourd face au décret d’Obama pour régulariser des millions de sans-papiers.

Le frère Jeb Bush

Jeb Bush, 62 ans, ancien gouverneur de Floride, pas encore en campagne. Points forts: il a l’image la plus modérée chez les républicains; a accès à un vaste réseau de donateurs. A plutôt une bonne image auprès de l’électorat latino. Points faibles: sa candidature part du principe que les Américains ont la mémoire courte et que les sentiments anti-Obama seront plus forts que les souvenirs de la désastreuse présidence de son frère George W. Bush.

Le «Midwestern» Scott Walker

Scott Walker, 47 ans, gouverneur du Wisconsin, n’est pas encore en campagne. Ses points forts: il a vaincu les syndicats dans son Etat. Il est populaire dans le «Midwest» (grandes plaines entre les Rocheuses et les Appalaches), en particulier dans l’Iowa, où les caucus (assemblées du parti) lanceront la course à l’investiture républicaine au début de 2016. Points faibles: impopulaire chez les électeurs afro-américains et les hispaniques. N’a aucune expérience en matière de politique étrangère et s’est attiré les critiques de Barack Obama en affirmant qu’il annulerait l’accord sur le nucléaire iranien s’il était élu.

(TDG)