La coalition arabe qu’elle dirige mène des frappes aériennes dans ce pays pour soutenir les partisans du président en exil contre une rébellion chiite. De nouvelles violences ont fait au moins 52 tués, en majorité des rebelles, dans le sud du pays, portant à 128 le nombre de tués en moins de deux jours, selon un bilan donné par l’AFP à partir de sources médicales, militaires et tribales.
Les combats se concentrent dans le Sud où les rebelles chiites, dits Houthis, tentent avec le soutien d’unités militaires restées fidèles à l’ex-président Ali Abdallah Saleh de prendre le contrôle de l’ensemble du pays après s’être emparés de la capitale Sanaa (nord) et de vastes régions.
Devant leur progression vers le Sud, le président Abd Rabbo Mansour Hadi a de son côté dû fuir Aden, la deuxième ville du pays, où il s’était réfugié. Il s’est exilé en Arabie saoudite qui a lancé le 26 mars une opération militaire à la tête d’une coalition arabe contre les rebelles et leurs alliés.
Près de 274 millions de dollars
Face à la détérioration de la situation au Yémen, l’ONU et ses partenaires humanitaires ont lancé vendredi un appel à une aide urgente de près de 274 millions de dollars. Quelque 7,5 millions d’habitants sont affectés par le conflit.
La réponse est venue rapidement de Ryad, où le roi Salmane Ben Abdel Aziz a fait savoir qu’il réglerait la totalité du montant réclamé par l’ONU.
Tout en s’empressant de prendre à sa charge le coût humanitaire du conflit, l’Arabie saoudite a réaffirmé sa résolution à poursuivre l’opération militaire en dépit de l’appel du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon à «un cessez-le-feu immédiat».
«Nous avons besoin de patience et de persévérance. Nous ne sommes pas pressés», a répété vendredi le porte-parole de la coalition, le général saoudien Ahmed Assiri.
Tués et déplacés
Selon l’agence officielle saoudienne, le roi Salmane a évoqué vendredi la conjoncture régionale avec le président américain Barack Obama lors d’un entretien téléphonique et aussi avec le président français François Hollande samedi.
Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les récentes violences ont fait 767 tués et 2906 blessés. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a de son côté déploré le manque de médicaments, aliments et carburant au Yémen.
Entre 120’000 et 150’000 personnes ont été déplacées à l’intérieur du Yémen par les violences en cours, alors qu’il y avait déjà plus de 300’000 déplacés internes avant la crise actuelle, a affirmé un porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), Adrian Edwards.
La rébellion chiite a elle vivement critiqué le Conseil de sécurité de l’ONU pour sa résolution du 14 avril, qui la somme de se retirer des zones du Yémen qu’elle a conquises et lui impose des sanctions, dont un embargo sur les armes.
(ats)




