«C’est une catastrophe d’une ampleur sans précédent. Il y a eu des défaillances dans la gestion des opérations de secours», a reconnu mardi soir le ministre népalais des Communications, Minendra Rijal. «Nous améliorerons tout cela à partir de mercredi», a-t-il ajouté. Dans les localités reculées du pays, les rescapés attendent toujours de l’aide et des secours.
Le Premier ministre Sushil Koirala a déclaré que le bilan définitif pourrait atteindre les 10’000 morts, au fur et à mesure que le contact sera rétabli avec des villages reculés. Pareil bilan dépasserait les 8500 tués du séisme de 1934, dernier séisme de cette ampleur à avoir touché ce pays himalayen de 28 millions d’habitants.
La catastrophe a fait 5057 morts et plus de 10’000 blessés au Népal, selon le dernier bilan du ministère de l’Intérieur, tandis qu’une centaine d’autres sont mortes en Inde et en Chine. Les hôpitaux ont vite été débordés par l’afflux de blessés, dont bon nombre ont été soignés en plein air.
Appel à l’aide
Le ministre népalais des Affaires étrangères, Shanker Das Bairagi, a demandé à la communauté internationale d’envoyer des médecins spécialistes, ainsi que des équipes de recherche, alors même qu’initialement, le Népal assurait ne pas avoir besoin d’aide.
«Notre priorité numéro un va aux secours et aux équipes de secouristes. Nous avons besoin de neurologues, de chirurgiens orthopédistes», a détaillé le chef de la diplomatie.
L’aide internationale commence à arriver au Népal, mais sa distribution se fait lentement, en partie parce que les répliques ont de temps à autre provoqué la fermeture de l’aéroport.
Tensions
Rare signe d’espoir, une équipe de recherche franco-népalaise a dégagé mardi un homme de 28 ans, Rishi Khanal, des décombres d’un immeuble d’habitation de Katmandou. Il avait passé 80 heures prisonnier d’une pièce avec près de lui trois cadavres. Mais son cas risque fort de n’être qu’une exception.
Des tensions entre étrangers et Népalais, qui cherchent à tout prix de l’aide, ont commencé à apparaître, selon les secouristes. A Langtang, dans une zone de trekking au nord de Katmandou, des échauffourées ont éclaté à cause des pénuries alimentaires, a dit un randonneur israélien, Amit Rubin. «Les villageois estiment que les touristes accaparent trop de vivres», a-t-il dit.
Dans d’autres secteurs reculés où les hélicoptères ne trouvent aucun endroit pour se poser, les soldats ont entrepris de se frayer un chemin d’abord en car, puis à pied.
(ats)




